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& les yeux sont fort grands : le dessus de la tête est convexe sur sa longueur, & le bout de la machoire inférieure terminé par un filet charnu & pendant. Ce poisson a quatre oüies de chaque côté, deux nageoires près des oüies, deux au-dessous, trois le long du dos, & deux autres entre l’anus & la queue ; le corps est marqué de quelques taches noires. L’églefin est fréquent en Angleterre & en Ecosse : sa chair est molle. Rond. hist. des poissons. Voyez Poisson. (I)

EGRISER, en terme de Diamantaire, c’est froter deux diamans cimentés chacun sur un bâton, pour les ébaucher, & leur faire les pans & les facettes qu’on veut leur donner : c’est la seule maniere de les tailler, rien ne mangeant le diamant que lui-même. Voyez Pl. I. du Diamantaire, vig. fig. 1. qui représente un ouvrier qui égrise ; & la fig. 6. du bas de la Planche, qui représente deux égrisoirs & leurs appartenances. Sur l’un des égrisoirs sont les deux mains d’un ouvrier qui tient deux bâtons à égriser appuyés contre les chevilles de l’égrisoir, & qui frote les deux diamans montés avec du ciment l’un contre l’autre, pour en abattre le superflu. Voyez Egrisoir.

EGRISOIR, s. m. en terme de Diamant. est une double boîte, au-dessus de l’une desquelles on frote les diamans montés au bout des bâtons, l’un contre l’autre, pour en abattre le superflu. Voyez la fig. 1. Planche I. du Diamantaire, & la figure 6. de la même Planche.

BBBB, est la boîte de bois partagée en deux par une planche qui traverse d’un côté à l’autre, & fortement arrêrés sur l’établi par le moyen de trois pattes de fer. E, la boîte dans laquelle on serre les éclats de diamans qui n’ont pas pû passer par le fond criblé de la premiere boîte au-dessus de laquelle on égrise. Cette premiere boîte est fermée par un couvercle qui glisse dans deux rainures pratiquées en queues d’aronde. Dans l’autre boîte D on met une boîte de cuivre I, qui en occupe le fond ; & par-dessus celle-ci une autre du même métal F, dont le fond est criblé d’un grand nombre de trons, au-travers desquels passe la poudre de diamans, qui tombe dans la premiere boîte I ou G. La fg. H représente la seconde boîte F vûe par-dessous, pour mieux voir les trous dont le fond est criblé. Environ au milieu des longs côtés de la boîte D, sont fixées deux chevilles de fer CC, contre lesquelles on appuie les deux bâtons à égriser, ainsi que la figure le représente ; ensorte que l’autre extrémité du bâton sert de levier, qu’on fait agir avec les deux mains.

EGRUGEOIR, s. m. (Corderie.) instrument qui ressemble à un banc, qui n’a que deux piés à un de ses bouts, & qui est garni à cette extrémité d’une rangée de dents semblables à celles d’un rateau : l’autre bout qui porte par terre, est chargé d’une pierre. En peignant l’extrémité du chanvre femelle avec les dents de l’égrugeoir, on fait tomber le chénevi avec ses enveloppes. Voyez l’article Chanvre, & les figures de Corderie.

EGUE-LE-CUINGIL, (Géogr. mod.) ville de la province de Héa, au royaume de Maroc en Afrique.

EGUILLES d’Eperon, (Marine.) de Tré ou Trevier. Voyez Aiguilles. (Z)

EGUILLE, AIGUILLE ou POINÇON, dans les formes des combles, voyez Poinçon, & la figure 17. Planche du Charpentier, n°. 20.

Eguille ou Aiguille de Peintres en émail. Ces aiguilles ont environ quatre pouces de longueur : elles sont d’acier.

Un peintre en doit avoir au moins deux, dont l’une soit pointue par un bout, un peu plate, & faite en dard, grosse par le milieu comme une moyenne plume à écrire ; & l’autre bout en forme de spatule,


large comme l’ongle du doigt, & à-peu-près de l’épaisseur d’un sou-marqué, mais fort polie.

L’autre doit être pointue par les deux bouts, dont l’un comme une aiguille à coudre, & l’autre un peu plus gros & tant-soit-peu plat par la pointe. Le bout pointu sert pour étendre les teintes sur les ouvrages, & l’autre pour les prendre & les porter à leur place, quand il en faut une certaine quantité ; ce que la pratique apprendra mieux que tout ce qu’on pourroit dire.

On se sert aussi d’une aiguille de buis ; c’est un petit morceau de buis bien sec, à-peu-près de la longueur des aiguilles d’acier, qui doit être très pointu par un bout, & par l’autre un peu mousse & rondelet : celui-ci sert à effacer les défauts, & le côté pointu à approprier les parties de l’ouvrage qui quelquefois se trouvent boüeuses & mal unies, ce que vous connoîtrez à la pratique.

Eguille à coudre, (Reliûre.) les couturieres cousent les feuilles des livres avec de grandes éguilles courbes. Voyez Coudre, & Pl. I. de Reliûre, figure 5.

EGUILLETER LES CANONS, (Marine.) c’est les amarrer différemment & plus fortement, pour résister au mauvais tems, ou lorsqu’on croit pouvoir être du tems sans en faire usage. (Z)

EGUILLETTES ou AIGUILLETTES, (Marine.) on donne ce nom à des mâts dont on se sert lorsqu’on carenne un vaisseau, pour soûtenir & renforcer les mâts de ce vaisseau : ce sont aussi les mâts qui renforcent celui d’une machine à mâter.

On appelle aussi éguillettes, de menues cordes qui servent à divers usages dans le navire

Eguillettis de voiles, ce sont des bosses (ou cordages) qui servent à tenir la tête des grandes voiles dans les rateaux.

Eguillettes de bonnettes, ce sont les mêmes cordes qui servent à lacer les bonnettes aux voiles. (Z)

Eguillettes, (Mar.) ce sont des pieces qu’on met sur le serrage, comme les allonges sont dessous, pour renforcer tout vaisseau qui porte beaucoup de canons : elles font une nouvelle liaison entre le bas & le haut du bâtiment, & fortifient les endroits que la quantité de sabords affoiblit, étant pour cet effet posées entre chaque sabord. Voyez Marine ; Planc. VI. fig. 47. la forme d’une éguillette ; & Planche V. figure 1. n°. 30. la maniere dont les éguillettes sont placées. (Z)

* Eguillettes, terme de Pêche, sorte de poisson appellé ainsi dans la Bretagne, & que l’on nomme ailleurs orphie. Voyez Orphie. Voici la maniere de faire cette pêche, qui dure depuis le mois de Mars jusqu’au mois de Juin, plus ou moins, suivant l’établissement & l’exposition des côtes, que ce poisson vient ranger, comme tous ceux du même genre qui sont en troupes & par bandes. Les pêcheurs se mettent la nuit quatre dans un de leurs bateaux ; l’un est placé à l’avant avec un brandon de paille enflammée dont l’éclat attire les orphies, & les trois autres ont des foüannes ou dards en forme de rateaux, avec une douille de fer où le manche est reçû. Ces instrumens ont au moins vingt tiges ou branches barbelées, de six pouces de haut, & fort pressées. La tête du rateau n’a au plus que treize à quatorze pouces de long, avec un manche de la longueur de huit, dix à douze piés. Quand les pêcheurs voyent les orphies ou aiguillettes attroupées, ils lancent leur dard, & en prennent souvent plusieurs d’un seul coup. Comme le bateau dérive doucement, la manœuvre de la pêche n’effarouche point les orphies. Les pêcheurs qui sont les plus heureux, en peuvent prendre jusqu’à douze ou quinze cents dans une seule nuit ; mais il faut qu’elle soit fort obscure, & que le tems soit de calme plat, ainsi que pour toutes les autres pê-