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gagnant un degré tous les jours, ne s’arrête point dans les points des équinoxes, mais au moment qu’il y arrive il les quitte.

Donc quoiqu’on appelle jour de l’équinoxe celui où le Soleil entre dans le point équinoxial, parce qu’il est réputé égal à la nuit, cependant cela n’est pas de la derniere précision ; car si le Soleil en se levant entre dans l’équinoxe du printems, en se couchant il l’aura passé & s’en sera éloigné du côté du septentrion d’environ 12 minutes ; par conséquent ce jour-là aura un peu plus de 12 heures, & la nuit à proportion en aura moins. Il n’y a que les habitans de l’équateur qui ont un équinoxe perpétuel ; car sous l’équateur les jours sont pendant toute l’année égaux aux nuits, abstraction faite des crépuscules. Voyez Équateur.

Le tems des équinoxes, c’est-à-dire le moment auquel le Soleil entre dans l’équateur, se peut trouver, de la maniere suivante, par observation, lorsqu’on connoît la latitude du lieu où l’on observe.

Le jour de l’équinoxe ou celui qui le précede, prenez la hauteur précise du Soleil à midi ; si elle est égale à la hauteur de l’équateur, ou au complément de la latitude, le Soleil est dans l’équateur au moment même de midi ; si elle n’est pas égale, la différence marque la déclinaison du Soleil. Le jour suivant observez comme la veille la hauteur du Soleil à midi, & trouvez sa déclinaison. Si la déclinaison est de différentes dénominations, c’est-à-dire l’une nord & l’autre sud, l’équinoxe est arrive dans l’intervalle des deux observations ; sinon, ou le Soleil avoit déjà passé l’équinoxe au tems de la premiere observation, ou il n’y est pas encore entré. Au moyen de ces deux observations, il est aisé de fixer le tems de l’équinoxe par un calcul assez simple. Cette méthode est expliquée plus au long dans les institutions astronomiques de M. le Monnier, pag. 467, & on peut, si on veut, y avoir recours. Mais M. le Monnier la regarde comme peu propre à donner le moment de l’équinoxe, parce qu’une erreur de 5 secondes dans la déclinaison, en produit une de 5 minutes dans le moment de l’équinoxe. C’est pourquoi il croit qu’on doit chercher le moment de l’équinoxe par une autre méthode, qui consiste à employer pour cela les ascensions droites des étoiles, & qu’il explique page 388 de ce même ouvrage.

On trouve par les observations, que les points des équinoxes & tous les autres points de l’écliptique, se meuvent continuellement d’orient en occident contre l’ordre des signes. Ce mouvement retrograde des points équinoxiaux, est appellé précession des équinoxes. Voyez Précession, Nutation, &c.

Equinoxe, (Medecine.) Les Medecins font aussi mention des équinoxes, parmi les causes des maladies ; parce qu’ils déterminent le commencement du printems & de l’automne, qui sont des saisons où les variétés dans la température de l’air sont si considérables & si fréquentes, qu’elles produisent ordinairement de grandes altérations dans l’économie animale. Voyez Air, Saison. (d)

EQUINOXIAL, subst. m. en Astronomie, est un grand cercle immobile de la sphere, sous lequel l’équateur se meut dans son mouvement journalier. V. Sphere.

L’équinoxial ou la ligne équinoxiale, est ordinairement confondue avec l’équateur, mais ce n’est pas la même chose ; l’équateur est mobile, la ligne équinoxiale ne l’est pas : l’équateur est supposé tracé sur la surface convexe de la sphere, mais la ligne équinoxiale est imaginée tracée sur la surface concave du grand orbe. Voyez Équateur.

On conçoit la ligne équinoxiale, en supposant un rayon de la sphere prolongé par-delà l’équateur, & qui par la rotation de la sphere sur son axe, décrit


un cercle sur la surface immobile & concave du grand orbe.

Toutes les fois que le Soleil dans son mouvement apparent arrive à ce cercle, les jours & les nuits sont égales pour tout le globe, ce qui n’arrive dans aucun autre tems de l’année. Voyez Équateur. C’est de-là que ce cercle tire son nom. Voyez Équinoxe.

L’équinoxial est donc un cercle que le Soleil décrit ou paroît décrire dans le tems des équinoxes, c’est-à-dire quand la longueur du jour est exactement ou sensiblement égale à la longueur de la nuit, ce qui arrive deux fois par an.

Equinoxial se prend aussi adjectivement ; ainsi outre les mots ligne équinoxiale, qu’on employe quelquefois pour désigner l’équinoxial, on se sert encore des manieres de parler suivantes.

Points équinoxiaux, sont les deux points dans lesquels l’équateur & l’écliptique se coupent l’un l’autre : l’un, qui est au premier point du Bélier, est appellé l’équinoxe du printems ; l’autre, qui est au premier point de la Balance, est appellé l’équinoxe d’automne, sur quoi voyez Précession & Zodiaque.

Colure équinoxial ou colure des équinoxes, est celui qui passe par les points des équinoxes. V. Colure.

Cadran équinoxial, est celui dont le plan est parallele à l’équateur. Voyez Cadran.

Orient équinoxial, est le point où l’horison d’un lieu est coupé par l’équateur vers l’orient ; il en est de même de l’occident équinoxial ; ces points sont le levant & le couchant aux équinoxes, differens du levant & du couchant d’hyver & d’été. Voyez Levant, Couchant, Orient, Occident, &c.

France équinoxiale, est le nom que quelques auteurs ont donné aux pays qui appartiennent à la France, & qui se trouvent sous l’équinoxial ou fort près de ce grand cercle. L’île de Cayenne, qui appartient aux François, & qui est à 4 degrés de l’équateur, fait la plus grande partie de la France équinoxiale. M. Barrere medecin de Perpignan, & correspondant de l’académie des Sciences de Paris, a donné un essai sur l’histoire naturelle de la France équinoxiale.

Le mot équinoxial doit s’écrire ainsi, si on le dérive d’équinoxe, & même de æquus & nox ; mais il doit s’écrire équinoctial, si on le dérive de æquus, & d’un des cas du mot nox, comme noctis, noctes ; nous avons préféré la premiere ortographe comme plus conforme à la prononciation, & du moins aussi conforme à l’étymologie ; cependant plusieurs écrivent équinoctial. (O)

ÉQUIPAGE, s. m. (Gramm.) il se dit en plusieurs occasions de toutes les choses nécessaires pour commencer, continuer, & finir avec facilité & succès, certaines opérations, ou agréables, ou utiles, ou périlleuses, &c. Ainsi on dit, équipage de guerre. Voy. l’article suiv. Equipage de Chasse, Equipage de Pêche, &c.

Équipage de Guerre, se dit en France des différentes choses utiles à la guerre, c’est-à-dire des chevaux, des harnois, des tentes, & autres ustensiles que les officiers, tant généraux que particuliers, font porter avec eux. L’artillerie & ce qui concerne les vivres forment aussi des parties essentielles des équipages de l’armée. Les équipages de l’artillerie sont composés du canon, des mortiers, & de toutes les especes d’armes & de munitions nécessaires à leur service. Pour les vivres, ses équipages consistent en caissons ou chariots couverts pour voiturer le pain des troupes, les farines, &c.

Les équipages de guerre des officiers doivent être le moins nombreux, & le plus simple qu’il est possible. Nous avons sur ce sujet de très-bonnes ordonnances pour limiter & fixer le nombre des équipages, mais qui ne sont pas toûjours observées rigoureuse-