Page:Didon, Influence morale des sports athlétiques, 1897.djvu/8

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

8
Les Sports athlétiques

les facultés et les endort, de même vous surprenez en eux une lâcheté originelle. L’enfant commence par avoir peur ; l’humanité est d’abord craintive et timide. Il faut qu’elle fasse preuve de vaillance, et pour cela il est nécessaire de développer l’esprit de combativité. (Vifs applaudissements.)

Ne vous effrayez pas de cet esprit. Peut-être, direz-vous, nous ne pourrons plus tenir nos enfants, ils seront toujours ivres de luttes, toujours rêvant plaies et bosses. N’oubliez donc jamais que les combatifs sont les forts, que les forts sont les bons, mais que les paresseux sont les rusés et les faibles, et que les faibles sont dangereux, parce qu’ils sont traîtres. (Applaudissements.)

Développons donc l’esprit de combativité, c’est-à-dire l’amour de la lutte : tel est le but. Il y a un obstacle, renversons-le ! Mais si nous le tournions, ne pouvant le renverser ? Soit ! Mais si, en le tournant, nous sommes poursuivis, ne craignons pas d’attaquer. Voilà l’esprit combatif, voilà une des plus belles vertus physico-morales de l’homme, car si l’homme contient en germe une lâcheté native, il possède également en germe une bravoure native. Et il s’agit de savoir qui l’emportera, de la lâcheté ou de la bravoure. Les sports font prédominer l’esprit de combativité, c’est-à-dire l’esprit de vaillance et de bravoure originelles qui dorment chez l’enfant. Les sports font de l’enfant un adolescent vaillant, qui ne sait pas se détourner devant l’obstacle et qui n’a de tranquillité qu’après l’avoir brisé, dompté, vaincu.

Le troisième résultat consiste à donner la force ou l’endurance.

L’être fort, c’est celui qui sait endurer, ce n’est pas toujours celui qui attaque, — l’être fort se révèle bien plus