Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/179

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HERILLE.




HErille de Carthage faisait consister dans la science la fin que l’on doit se proposer ; c’est-à-dire, à vivre de telle sorte qu’on rapporte toutes ses actions au dessein de vivre avec science, de crainte qu’on ne s’abrutisse dans l’ignorance. Il définissait la science une Capacité d’imagination à recevoir les choses qui sont le sujet de la raison.

Quelquefois il doutait qu’il y eût de fin proprement dite, parce qu’elle change selon les circonstances & les actions ; ce qu’il éclaircissait par la comparaison d’une certaine quantité de metal, qui peut aussi bien servir à faire une statue d’Alexandre qu’une de Socrate. Il sisait qu’il y a de la différence entre la fin & ce qui n’est que fin subordonnée ; que tous ceux, qui n’ont point la sagesse en partage, tendnet à la dernière, & que l’autre n’est recherchée que par les seuls sages. Il croyait encore que les choses, qui tiennent le millieu entre le vice & la vertu, sont indifférentes. Quant à ses ouvrages, il est vrai qu’ils sont fort courts, mais pleins de feu & de force contre Zénon, qu’il prend à tâche de contredire. On raconte qu’étant enfant, il était si chéri des uns & des autres, que Zénon, pour les écarter,