Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/191

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CHRYSIPPE




CHrysippe, fils d’Apollonius, nâquit à Soles ou à Tarfe, selon Alexandre dans ses Sucessions. Il s’exerça au combat de la lance, avant qu’il ne devint disciple de Zénon, ou de Cléanthe, qu’il quitta lorsqu’il vivait encore, assûrent Diocles & plusieurs autres. Il ne fut pas un des médiocres philosophes. Il avait beacoup de génie, l’esprit si délié & si subtil en tout genre, qu’en plusieurs choses il s’écartait de l’avis, non seulement de Zénon, mais de Cléanthe même, à qui il disait souvent qu’il n’avait besoin que d’être instruit de ses principes, & que pour les preuves, il saurait bien les trouver lui-même. Cependant il ne laissait pas que se dépiter lors qu’il disputait contre lui, jusqu’à dire fréquement qu’il était heureux à tous les égards, excepté en ce qui regardait Cléanthe. Il était si bon dialecticien, & si estimé de tout le monde pour sa science, que bien des gens disaient que si les Dieux faisaient usage de la dialectique, ils ne pouvaient se servir que de celle de Chrysippe. Au reste, quoiqu’il fût extrêmement fécond en subtilités, il ne parut pas auss ihabile sur la diction que sur les choses. Personne ne l’égalait pour la constance & l’assiduité au travail, témoin ses ouvrages, qui sont au nombre de sept cens