Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/195

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vû un âne manges ses figues, il dit à la vieille femem qui demeurait avec lui, qu’il fallait donner à l’animal du vin pur à boire, & que là-dessus il éclata si fort de rire, qu’il en rendit l’esprit. Il paraît que le mépris faisait partie de son caractere, puisque d’un si grand nombre d’ouvrages écrits de sa main, il n’en dédia pas un seul à aucun prince. Il ne se plaisait qu’avec la vieille dit Demetrius dans ses Synonimes. Ptolomée ayant écrit à Cléanthe de venir lui-même le voir, ou du moins de lui envoyer quelque autre, Sphoerus s’y en fut ; mais Chrysippe refusa d’y aller. Demetrius ajoute qu’après avoir mandé auprès de lui les fils de sa sœur, Aristocréon & Philocrate, il les instruisit, & qu’ensuite s’étant attiré des disciples, il fut le premier qui s’enhardit à enseigner en plein air dans le lycée.

Il y a eu un autre Chrysippe de Gnide, médecin de profession, & qui Erasistrate avoue avoir appris beaucoup de choses. Un second Chrysippe fut le fils de celui-ci, médecin de Ptolomée, & qui par une calomnie fut foüetté & mis à mort. Un troisieme fut disciple d’Erasistrate, & le quatrieme écrivit sur les occupations de la campagne.

Le philosophe, dont nous parlons, avait coutume de se servir de ces sortes de raisonnemens. Celui, qui communique les mysteres à des gens qui ne sotn pas initiés, est un impie ; or celui