Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/208

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ce détail Pythagore ajoutoit qu’Euphorbe étant mort, son ame passa dans Hermotime ; qui, pour persuader la chose, vint à Branchide, où étant entré dans le Temple d’Apollon, il montra le bouclier y attaché par Ménelas ; que ce fut à son retour de Troye qu’il consacre à ce Dieu le bouclier, déjà tout pourri, & dont le tems n’avoit épargné que la face d’yvoire ; qu’après le décès d’Hermotime, il revêtit le personnage de Pyrhus, pêcheur de Delos ; quelui Pythagore avoit présent à l’esprit tout ce qui s’étoit fait dans ces différentes métamorphoses ; c’est-à-dire qu’en premier lieu il avoit été AEthalide, en second lei Euphorbe, en troisieme lieu Hermotime, en quatrieme lieu Pythagore, & qu’enfin il avoit la mémoire récente de tout ce qu’on vient de dire.

Il y en a qui prétendent que Pythagore n’a rien écrit ; mais ils se trompent grossiérement, n’eût-on d’autre grand qu’Héraclide le Physicien, il déclare ouvertement que Pythagore, fils de Mnésarque, s’est plus que prsonne exercé à l’histoire, & qu’ayant fait un choix des écrits de ce genre, il a donné des marques de science, de profonde érudition, & fourni des modèles de l’art d’écrire. Héraclide s’exprimoit en ces termes, parce que dans l’exorde de son Traité de Physique Pythagore se sert de ces expressions : Par l’air que je respire, par l’eau que je bois,