Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/295

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en Perſe des Philoſophes Chaldéens, & pénétra juſqu’à la Mer Rouge. Il y en a qui asſûrent qu’il paſſa dans les Indes, qu’il converſa avec des Gymnoſophiſtes, & fit un voyage en Ethiopie.

Il étoit le troiſieme fils de ſon pere, dont le bien ayant été partagé, il prit, diſent la plûpart des Auteurs, la moindre portion qui conſiſtoit en argent, dont il avoit beſoin pour voyager ; ce qui donna lieu à ſes freres. Demetrius ajoute que ſa portion ſe montoit à près de cent talens, & qu’il dépenſa toute la ſomme.

Il avoit tant de paſſion pour l’étude, qu’il ſe choiſit dans le jardin de la maiſon un cabinet, où il ſe renferma. Un jour ſon pere ayant attaché à l’endroit un bœuf qu’il vouloit immoler, il y fut long-tems avant que Démocrite s’en apperçût, tant il étoit concentré en lui-même ; encore ne fut-il qu’il s’agiſſoit d’un ſacrifice que lorſque ſon pere le lui apprit & lui ordonna de prendre garde au bœuf.

Demetrius raconte qu’il vint à Athenes ; qu’à cauſe du mépris qu’il avoit pour la gloire, il ne chercha point à s’y faire connoître ; & que quoiqu’il eût occaſion de voir Socrate, il ne fut pas connu de ce Philoſophe ; aussi dit-il : Je ſuis venu à Athenes, & en ſuis ſorti inconnu.