Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/48

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publiquement. [1] Il lui arrivait aussi souvent de faire des gestes indécents, et disait pour excuse qu’il n’hésiterait point d’en faire pour apaiser la faim, s’il le pouvait. On lui attribue d’autres discours qu’il serait trop long de rapporter. Il distinguait deux sortes d’exercices, celui de l’âme et celui du corps. Concevant que l’occupation que l’exercice donne continuellement à l’imagination, facilite la pratique de la vertu, disait que l’un de ces sortes d’exercices est imparfait sans l’autre, la bonne disposition et la force se manifestant dans la pratique de nos devoirs, telle qu’elle a lieu par rapport au corps et à l’âme. Il alléguait, pour marque de facilité que l’exercice donne pour la vertu, l’adresse qu’acquièrent les Artisans et ceux qui font des ouvrages manuels, à force de s’y appliquer. Il faisait encore remarquer la différence qu’il y a entre les Musiciens et les Athlètes, selon que l’un s’applique au travail plus que l’autre ; et disait que si ces gens-là avaient apporté le même soin à exercer leur âme, il n’auraient pas travaillé inutilement. En un mot, il était dans le principe que rien de tout ce qui concerne la vie ne se fait bien sans exercice, et que par ce moyen on peut

  1. C’est ici le grand reproche qu’on fait aux Cyniques. Il n’y a pas moyen d’excuser leur grossièreté, qui allait jusqu’au vice : elle fait voir que toute Philosophie, purement humaine, se ressent du désordre de l’esprit humain.