Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/50

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n’est rien sans lois ; la civilité est donc une loi. Il se moquait de la noblesse, de la gloire, et d’autres choses semblables, qu’il appelait des Ornements du vice, disant que les lois de Société établies par la constitution du monde, sont les seules justes. Il croyait que les femmes devaient être communes, et n’estimait point le mariage, ne soumettant l’union des deux sexes qu’à la condition du consentement réciproque ; de là vient qu’il croyait aussi que les enfants devaient être communs. Il ne regardait pas comme mauvais de recevoir des choses saintes, et de manger des animaux ; il pensait même qu’il était permis de manger de la chair humaine, et alléguait là-dessus les mœurs des peuples étrangers. Il ajoutait aussi qu’à la lettre toutes choses sont les unes dans les autres, et les unes pour les autres ; qu’il y a de la chair dans le pain, et du pain dans les légumes ; que par rapport aux autres corps, ils ont tous des pores insensibles, dans lesquels s’insinuent des corpuscules détachés et attirés par la respiration. C’est ce qu’il explique dans la Tragédie de Thyeste, si tant est que les tragédies, qui courent sous son nom, soient de lui, et non de Philiscus d’Ægine, un de ses amis ; ou de Pasiphon, Lucanien,que Phavorin, dans son Histoire diverse, dit avoir écrites après la mort de Diogène.

Il négligeait la Musique, la Géométrie,