Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/67

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


HIPPARCHIE.


HIpparchie, sœur de Métroclès, l’une et autre de Maronée, se laissa aussi éblouir par les discours du Philosophe Cratès. Elle en aimait tant les propos et la vie, qu’aucun de ceux, qui la recherchaient en mariage, ne put la faire changer. Richesse, noblesse, beauté, rien ne la touchait ; Cratès lui tenait lieu de tout. Elle menaça même ses parents de se défaire elle-même, si on ne la mariait avec lui. Ils s’adressèrent à Cratès, qu’ils prièrent de la détourner de son dessein ; il fit tout ce qu’ils voulurent. Enfin voyant qu’il ne pouvait rien gagner sur elle, il se leva, lui montra la peu qu’il possédait, et lui dit : Voilà l’époux que vous souhaitez, voilà tous ses biens. Consultez-vous là-dessus ; vous ne pouvez m’épouser, à moins que vous ne preniez la résolution de vous associer à mes études. Elle accepta le parti, s’habilla comme le Philosophe, et le suivit partout, lui permettant d’en agir publiquement avec elle comme mari, et allant avec lui mendier des repas. Quelque jour Lysimaque en donnait un, elle s’y trouva, et y disputa contre Théodore, surnommé l’athée, en lui opposant le Sophisme suivant : Tout ce que Théodore peut faire sans s’attirer de reproche,