Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/68

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Hipparchie le peut aussi, sans mériter qu’on la blâme. Or si Théodore se frappe lui-même, il ne fera injustice à personne ; ainsi, si Hipparchie frappe Théodore, elle n’en commettra envers qui que ce soit. Théodore ne répondit rien à ce raisonnement, il se contenta de tirer Hipparchie par la jupe, Cette action ne l’émut, ni ne la déconcerta ; et sur ce qu’il lui adressa ensuite ces paroles,,, Qui est cette femme qui a laissé sa navette auprès de sa toile [1] ? '', elle répondit, C’est moi, Théodore ; mais trouvez-vous que j’aie pris un mauvais parti d’employer à m’instruire le temps que j’aurais perdu à faire de la toile ? On conte d’elle plusieurs autres traits de cette nature.

Il y a un livre de Cratès, qui porte le titre de Lettres, et qui contient une excellente Philosophie, dont le style approche beaucoup de celui de Platon. IL composa aussi des Tragédies, qui renferment des traits de la plus sublime Philosophie, tels que ceux-ci : Je n’ai dans ma patrie, ni tour, ni toit qui m’appartienne ; mais toutes les villes et les maisons de la terre sont les lieux où je puis habiter[2].

Il mourut fort vieux, et fut enterré en Béotie.

  1. Vers d’Euripide.
  2. Ménage conjecture que tout ce passage sur Cratès se pourrait expliquer d’Hipparchie