Page:Dodge Stahl - Les Patins d argent.djvu/43

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



« Je ne puis vous offrir à chacun une paire de patins, dit-elle, ou même une seule bonne paire. Mais voici huit kwartjes ; décidez entre vous qui a la meilleure chance de gagner le prix, et achetez des patins pour l’un ou pour l’autre, selon votre idée. Je voudrais avoir assez d’argent pour que vous pussiez en acheter de meilleurs. Au revoir. »

Et, avec un sourire et un signe de tête, Hilda, ayant remis l’argent à Hans, s’éloigna doucement pour rejoindre ses compagnons.

« Mademoiselle ! mademoiselle ! mademoiselle Van Gleck ! » cria Hans en courant après elle aussi vite que le lui permettaient ses patins, dont l’un des cordons venait de se dénouer.

Hilda se retourna, une main posée sur ses yeux pour se garantir des rayons du soleil. Elle revint vers lui.

« Nous ne pouvons prendre cet argent, dit-il hors d’haleine, mais nous voulons vous remercier de la bonté avec laquelle vous venez de nous l’offrir.

— Pourquoi me refusez-vous ? dit Hilda en rougissant.

— Parce que, répliqua Hans, saluant avec la gaucherie d’un paysan, mais regardant avec dignité la belle jeune fille, parce que nous ne l’avons pas gagné, ma belle demoiselle. »

Hilda avait l’esprit prompt : elle remarqua une jolie chaîne de bois au cou de Gretel.

« Sculptez-moi une chaîne comme celle de votre sœur, Hans.

— De tout mon cœur, mademoiselle. Nous avons du bois blanc à la maison ; il est fin comme de l’ivoire, vous en aurez une demain. »

Et Hans essaya encore de lui rendre l’argent.

« Non, non ! dit Hilda d’un ton décidé, cette somme sera un prix bien minime pour une si jolie chaîne. »