Page:Dodge Stahl - Les Patins d argent.djvu/48

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aussitôt que les reliefs du maigre dîner avaient été enlevés de la table, elle s’était revêtue de ses habits du dimanche en l’honneur de saint Nicolas. « Cela égayera les enfants, » pensa-t-elle. Et elle ne se trompait pas. Ces habits de fête avaient rarement vu le jour depuis dix ans, mais avant ce temps-là, ils avaient fait bon service et avaient figuré plus d’une fois dans les kermesses, alors qu’elle était connue à dix lieues à la ronde comme la jolie Mietje Klenck. Les enfants avaient eu la permission de jeter de rares coups d’œil sur ces habits, pendant qu’ils reposaient dans toute leur pompe au fond du vieux bahut de chêne. Tout fanés et usés qu’ils étaient, ils leur apparaissaient splendides. La gorgerette de toile blanche fermée autour du cou potelé de la mère et allant se perdre sous le joli corsage de laine filée à la maison ; la jupe d’un brun rougeâtre bordée de noir ; les mitaines de laine tricotées, et le bonnet mignon laissant voir les cheveux, ordinairement cachés, donnaient à dame Brinker l’air d’une princesse, aux yeux de Gretel du moins.

Hans lui-même était devenu grave et contenu en la regardant.

La fillette, qui tressait aussi ses cheveux d’or, se mit bientôt à danser autour de sa mère, dans un transport d’admiration.

« Oh ! mère, mère, mère, que vous êtes jolie ! Regardez, Hans ! N’est-ce pas qu’elle est tout à fait comme un portrait ?

— Oui, tout à fait comme un portrait, affirma Hans gaiement, tout à fait ! seulement, je n’aime pas beaucoup ces bas sur les mains.

— Ne pas aimer les mitaines, frère Hans ! Mais elles sont très-importantes. Voyez, elles couvrent tout le rouge. Oh ! mère, que votre bras est blanc à l’endroit où la mitaine finit, plus blanc que le mien, oh ! bien plus blanc.