Page:Doin - Trois pièces comiques propres à être jouées dans les collèges, maisons d'éducation, 1871.djvu/52

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Lucas (le fusil sur l’épaule)

Ah ben oui, l’ours, allons lève-toi, je crois que tu dors encore !


Bastien (il se lève)

Ah ! c’est toi, Lucas !… Dieu que je faisais un beau rêve !


Lucas

Oh ! je m’en doute bien, et que rêvais-tu donc ?


Bastien

Écoute, frère, nous avions tué l’ours, nous étions dans une belle maison et de la fenêtre je me voyais passer en belle voiture.


Lucas

Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Pauvre Bastien, je vois que tu es dans les brouillards du Saint-Laurent ; en effet, c’était un beau rêve, mais l’ours n’est pas encore tué, c’est pourquoi je viens te trouver pour en parler. Tu sais comme moi que Mr. le Maire a promis cent piastres de prime à celui qui tuerait l’ours qui depuis quelque temps désole nos campagnes par les ravages qu’il y fait ?


Bastien

Oui, et que de plus, Mr. le Préfet accorde le susdit ours aux chasseurs ; donc, nous avons formé le plan tous les deux de lui faire la chasse et si nous pouvons réussir nous serons à même de soulager notre bon vieux père et de nous procurer, à nous, un joli petit avenir.


Lucas

Bien entendu, car, outre les cent piastres, nous aurons la peau, la chair, la graisse


Bastien

Enfin, tout ! Oh ! quel bonheur, Lucas ! Quelle joie, quand nous aurons nos cent piastres, bien belles, bien luisantes,