Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/16

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ſaires, vû les circonſtances locales ; voila une ſeconde vérité, qui a beſoin d’un peu plus de dévelopement, & que je chercherai a rendre également évidente, en décrivant la nature du ſol, & le pays fur lequel ont été exercés les plus grands ravages. Je déduirai delà les cauſes pourquoi certaines Villes furent preſque exemptes du fléau général, quoiqu’elles fuſſent compriſes dans l’enceinte fous la quelle paroiſſoient ſe faire les plus grands efforts, & qui étoit près du centre des plus violentes ſecouſſes ; pourquoi d’autres Villes très voiſines des premieres ne preſentent que des monceaux de ruines ; & pourquoi quelques unes enfin ne laiſſent plus aucuns veſtiges de leur exiſtence.

Les ſecouſſes des tremblemens de terre de la Calabre, quelques violentes qu’elles ayent été, n’ont pas embraſſé un bien grand eſpace, & paroiſſent ainſi avoir eu une cauſe locale. Elles ont eu pour limites l’extrémité de la Calabre citerieure, & elles n’ont point exercé de ravages conſidérables au delà du cap des Colonnes fur la côte de l’eſt, & de la Ville l’amenthea ſur celle de l’Oueſt. Meſſine eſt la ſeule Ville de la Sicille, qui ait partagé les deſaſtres du Continent ; & ſi on a eu quelques légers reſſentimens au delà, ils n’ont été que l’effet d’un foible contrecoup. C’eſt donc dans un eſpace de trente lieues de longueur, fur toute la largeur de la Calabre, que l’on a éprouvé ce terrible fleau. Dans cette étendüe, tous les lieux n’ont pas eſſuyé des ſecouſſes de la même violence ; tous n’ont pas ſubi la même deſtruction. Il y a eu autant de varieté dans les effets de ces tremblemens de terre, qu’il y a eu

d’empla-