Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/22

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beau pays, on n’oſe pas les habiter a cauſe du mauvais air.

Cette dégradation operée par les eaux a produit deux effets. Elle a d’abord formé un très grand nombre de gorges & de vallées, qui ont diviſé & morcellé l’ancien ſol. Quelques unes de ces vallées ſont devenues ſuſceptibles de culture ; les autres s’y refuſent encore, parce que les inondations de chaque année les recouvrent de ſable, de gravier & des debris des terreins ſuperieurs. Preſque toutes ſont encaiſſées par des eſcarpements très hauts, ſemblables a des murs ; quelques uns de ces encaiſſements ayant acquis un peu de talus, ſe ſont couverts d’arbres qui contribuent a leur ſolidité ; mais aucuns n’ont la pente neceſſaire pour ſoutenir les terres ſur une baſe proportionée a leur hauteur. Les parties de l’ancienne plaine, qui n’ont pas été dégradées par les eaux, ſont reſtées au deſſus de ces valons, & y forment des plataux, dont les hauteurs ſe coreſpondent, qui ſont plus ou moins étendus, & qui ſont toujours environnés des ravins que je viens de décrire. Quelques uns de ces plateaux, parfaitement iſolés, reſſemblent a ces montagnes calcaires a ſommet applatî, que l’on voit ſouvent dans les plaines, & dont les couches coreſpondent a celles des hauteurs voiſines. La nature a pu, par un mouvement violent de fluctuation dans la maſſe des eaux de la mer, operer anciennement ſur les ſols a noyaux calcaires, plus mous qu’ils ne le ſont aujourdhui, ce qu’elle fait ſous nos yeux dans les plaines ſabloneuſes de la Calabre.

Cette partie de la Calabre, dont je viens de donner une légère idée, eſt la plus riche, tant par

l’éton-