Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/4

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AVANT PROPOS.

La contrarieté des vents m’ayant retenu ſur les Coſtes de la Calabre ulterieure, pendant tous les mois de Fevrier & de Mars 1784, & m’ayant fait toucher ſucceſsivement a preſque toutes les Villes de la Coſte de l’Oueſt, j’ai pu faire des incurſions dans l’intérieur de cette malheureuſe province ; j’ai eu le tems de parcourir toutes ſes ruines & de connoitre l’étendue des ſe malheurs. Mon gout pour la lithologie m’a porté a étudier la nature de ſon ſol, & la compoſition de ſes Montagnes, & je donne ici le réſultat de mes obſervations. Je n’ai recueilli que les faits principaux, ceux qu’atteſteront longtems les circonſtances locales & qui pourront encore, dans cent ans, intéreſſer les phyſiciens & le naturaliſte. Les autres détails n’entrent pas dans mon plan. Je ne donnerai, ni le journal circonſtancié des tremblemens de terre, ni l’état de la population & des pertes de chaque lieu en particulier. Je n’aurois eu qu’a copier les autres relations & mon intention n’eſt pas de faire un gros livre, ni de répéter ce que les autres ont dit. Je m’attache ſeulement a ce qui a été un peu negligé ; c’eſt a dire, a faire connoitre la nature du ſol & a en déduire les principaux phénoménes qui ont accompagné les ſecouſſes. Mon objet eſt encore de deſtruire cette idée de merveilleux qu’ont pu autoriſer les

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