Page:Doyle - La Vallée de la peur.djvu/136

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le jeune homme. Vous ne ferez pas de vieux os chez nous si vous lâchez de ces mots dans la rue. Bien d’autres que vous ont payé cher une moindre imprudence.

— Je vous le répète, je ne sais que ce que j’ai lu.

— Et je ne dis pas que ce que vous avez lu ne soit pas vrai… »

Le mineur, tout en parlant, regardait nerveusement autour de lui, comme s’il eût craint qu’un danger ne l’épiât dans l’ombre.

« Si tuer c’est assassiner, Dieu sait qu’ici l’on ne s’en fait pas scrupule. Mais gardez-vous bien de mêler à aucune histoire le nom de Mac Ginty : il n’y a pas de chuchotement qui ne lui parvienne, et il ne laisse rien passer. Voici la maison que vous cherchez : devant vous, en retrait de la rue. Je vous donne votre hôte, le vieux Jacob Shafter, comme le plus honnête homme de la ville.

— Merci, » dit Mac Murdo.

Il reprit sa valise, serra la main du mineur, s’engagea dans le petit chemin conduisant à la maison, et frappa un grand coup à la porte, qui s’ouvrit aussitôt, livrant passage à une apparition inattendue.

C’était une jeune fille étrangement belle. De type scandinave, elle avait des cheveux d’un blond clair, qui faisaient le plus piquant contraste avec ses yeux d’un noir magnifique. Elle regarda l’étranger d’un air de surprise, et une aimable confusion colora la pâleur de