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LA NOUVELLE CHRONIQUE

Voyons, Jim, dit-elle, voyons !

Où est Sarah ? demandai-je.

Dans la cuisine, répondit Mary.

J’allai dans la cuisine.

Sarah, dis-je, je défends que ce Fairbairn reparaisse jamais chez moi.

Pourquoi ? demanda-t-elle.

Parce que telle est ma volonté.

Si mes amis sont de trop à la maison, j’y suis de trop, moi aussi…

Faites comme il vous plaira ; mais la première fois que ce Fairbairn remontrera ici sa figure, je vous envoie l’une de ses oreilles en guise de keepsake !

Ma mine dut lui faire peur, car elle n’ajouta pas une parole ; et le soir même elle s’en allait de chez nous.

J’ignore si elle ne fit qu’obéir à un esprit de méchanceté diabolique, ou si elle méditait de me tourner contre ma femme en l’encourageant à se mal conduire. Toujours est-il qu’elle loua une maison à deux rues de distance de la nôtre, et qu’elle y tint des chambres pour les marins. Fairbairn y logeait d’habitude ; Mary allait y prendre le thé avec sa sœur et lui. Combien de fois elle y alla, je ne sais ; mais une fois je la suivis. Quand j’apparus inopinément, Fairbairn détala par le jardin, comme un sale type et un capon qu’il était. Je jurai à ma femme que je la tuerais si je la trouvais une fois de plus dans sa société, et je la ramenai avec moi, tremblante, sanglotante, blanche comme une feuille de papier. Il ne resta plus trace d’amour entre nous. Je voyais qu’elle me haïssait et me redoutait ; par-dessus le marché, elle me méprisait quand le chagrin m’entraînait à boire.

Cependant Sarah, s’apercevant qu’à Liverpool elle