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DE SHERLOCK HOLMES

çai mes opérations à la station de Gloucester Road. Un employé se mit complaisamment à ma disposition ; nous parcourûmes ensemble la ligne, ce qui me permit de constater non seulement que les fenêtres postérieures de Caulfield Gardens donnent sur la voie, mais encore, et ceci est capital, qu’en raison de l’importance des croisements qui se font à cet endroit, les trains s’y arrêtent fréquemment plusieurs minutes.

— Magnifique, Holmes ! Vous aviez mis dans le mille !

— Du calme, Watson, du calme ! Nous avançons, nous ne touchons pas au but. Donc, ayant vu de dos Caulfield Gardens, je l’abordai de face. Je m’y renseignai : l’oiseau s’en était envolé. Caulfield Gardens est un très vaste immeuble, dont il m’a semblé que les étages supérieurs étaient dégarnis. Oberstein y logeait avec un seul domestique, probablement son homme de confiance et son complice. Mettons-nous en tête que, s’il est passé sur le Continent, c’est pour y disposer de son butin, non pas pour fuir ; car il n’a aucun sujet de craindre une arrestation ni de prévoir qu’un policier amateur doive perquisitionner chez lui. C’est précisément ce que nous allons faire.

— Ne pourrions-nous avoir un mandat d’arrêt en bonne forme ?

— Difficilement, faute de preuves suffisantes.

— Qu’espérez-vous donc ?

— Nous ignorons quelles intelligences se cachent là-dessous.

— Je n’aime pas beaucoup ces façons de procéder, Holmes.

— Mon cher ami, vous ferez le guet dans la rue ; s’il y a des responsabilités criminelles, je les assume toutes. Songez au billet de Mycroft, à l’Amirauté, au