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DE SHERLOCK HOLMES

entré en correspondance avec Oberstein, qui vous a répondu par la voie du Daily Telegraph. Lundi, profitant du brouillard, vous êtes revenu dans la soirée au bureau de l’arsenal ; mais vous avez été surpris et suivi par le jeune Cadogan West, qui avait probablement ses raisons de vous suspecter. Il vous a vu enlever les documents. Il craignit cependant de donner l’alarme, car peut-être, après tout, ne les aviez-vous pris que pour les apporter à votre frère à Londres. En bon citoyen, oubliant ses affaires personnelles, il s’élança derrière vous dans le brouillard, ne vous lâchant pas d’une semelle jusqu’au moment où il vous vit entrer dans cette maison. Et comme, alors, il intervenait, vous avez, vous, colonel Walter, ajouté à la trahison le plus horrible des meurtres.

— Non, pas cela, non, je le jure devant Dieu ! s’écria le misérable.

— Qui donc a tué Cadogan West et placé son cadavre sur le toit d’un wagon ?

— Je vais vous le dire. Croyez-moi, je parle en toute franchise. Oui, j’ai pris les papiers, je l’avoue. Une dette de Bourse n’attend pas. J’étais dans un pressant besoin d’argent. Oberstein m’offrait cinq mille livres, c’était pour moi le salut. Mais quant au meurtre, j’en suis aussi innocent que vous-même.

— Alors ?…

— Cadogan West, en effet, me soupçonnait. Il me suivit. Je ne m’en avisai qu’en arrivant à la porte de cette maison. Il faisait un de ces brouillards qui arrêtent la vue à quelques pas. Je frappai deux coups, Oberstein vint m’ouvrir. Le jeune homme s’élança derrière moi, me demandant ce que je voulais faire des papiers. Oberstein, qui avait toujours sur lui un casse-tête, en frappa si violemment le pauvre garçon, qu’en