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LA NOUVELLE CHRONIQUE

cinq minutes il était mort. Nous étions fort embarrassés de ce cadavre, ne sachant comment nous en défaire, quand Oberstein se rappela qu’à tout instant des trains faisaient halte devant l’une de ses fenêtres. Toutefois, il commença par examiner les papiers que j’apportais. Il en retint trois comme essentiels et me rendit les autres. « Vous n’en pouvez garder aucun, lui dis-je. Ce serait un scandale à Woolwich si on ne les retrouvait tous en place. — Je suis pourtant obligé, me répondit-il, de garder les trois qui m’intéressent. Ils ont un caractère trop technique pour que j’en puisse prendre immédiatement des copies. — Alors, répliquai-je, il faut que je les remporte tous ce soir même. » Il réfléchit un instant et s’écria : « Voici ce que je vous propose. Je garderai trois des papiers, nous fourrerons les sept autres dans la poche du jeune homme. On ne manquera pas de mettre toute l’affaire sur son compte. » Je ne voyais pas une autre façon d’en sortir : nous fîmes comme il disait. Il nous fallut attendre une demi-heure avant qu’un train s’arrêtât sous la fenêtre. La nuit était si noire que nous ne risquions pas d’être aperçus. Nous n’eûmes pas de peine à faire descendre le corps sur le toit d’une voiture. C’est tout.

— Et votre frère ?

— Mon frère parlait peu, mais il me surprit une fois en possession de ses clefs, et je crois qu’il me soupçonna. Du moins, je lus le soupçon dans ses yeux. Et depuis, il ne portait plus la tête haute.

Un silence se fit dans la chambre ; ce fut Mycroft Holmes qui le rompit.

— Vous pouvez, en réparant votre acte, alléger votre conscience et peut-être adoucir votre châtiment.

— Dites-moi ce qu’il faut que je fasse.