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DE SHERLOCK HOLMES

Elle interrogea d’un coup d’œil les ombres de la chambre.

— Et Gennaro ? Où est Gennaro Lucca, mon mari ? Je suis Emilia Lucca, nous habitons New-York. Qu’avez-vous fait de Gennaro ? Il m’appelait tout à l’heure de cette fenêtre. J’ai volé à son appel.

— C’est moi qui vous appelais, dit Holmes.

— Vous ? Comment savez-vous ces choses ? Giuseppe Gorgiano… Comment a-t-il ?…

Elle s’arrêta. Son visage rayonnait subitement d’orgueil et d’allégresse.

— Ah ! je vois maintenant, je vois ! Mon Gennaro ! mon admirable, mon magnifique Gennaro, qui m’a préservée de tout mal !… C’est lui qui a fait cela ! lui qui, de ses bras puissants, a tué le monstre ! Quelle femme serait jamais digne d’un tel homme ?

— Mistress Lucca, intervint le prosaïque Gregson, en posant sa main sur la manche de la dame, vous venez d’en dire assez pour que Scotland Yard ait à causer avec vous.

— Un moment, Gregson, dit Holmes. J’imagine que cette dame n’a pas moins le désir de parler que nous de l’entendre. Vous vous rendez compte, madame, que votre mari va être arrêté et interrogé pour le meurtre de cet homme. Vos déclarations peuvent être invoquées en témoignage. Si vous croyez pourtant que les motifs qui l’ont fait agir n’avaient rien de criminel et que lui-même tiendrait à les faire connaître, vous ne sauriez mieux servir sa cause qu’en nous disant tout.

— Maintenant que Gorgiano est mort, nous ne craignons rien, dit la dame. Il ne saurait y avoir un seul juge au monde pour punir mon mari d’avoir tué un être infernal.

— En ce cas, dit Holmes aux deux policiers, fer-