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LA NOUVELLE CHRONIQUE

au sommet de la côte le moment où votre lampe, en s’éteignant, nous préviendrait que le champ était libre. Venez me trouver demain matin à Londres, au Claridge Hôtel.

— Entendu, monsieur.

— Je suppose que votre maître avait tout préparé pour le départ ?

— Oui, monsieur. Il a expédié aujourd’hui sept lettres ; j’en ai les adresses, comme d’habitude. Il en a reçu neuf, que j’ai pareillement notées.

— Parfait, Marthe. Je regarderai tout cela demain matin. Bonne nuit.

Là-dessus, la bonne vieille s’étant éclipsée, Holmes continua :

— Assurément, ces papiers n’ont que peu d’importance, il y a beau temps que le gouvernement allemand est en possession des renseignements qu’ils contiennent. Ce sont des originaux qu’il n’eût pas été prudent de faire voyager.

— Alors, ils sont inutiles ?

— Je n’irai pas jusqu’à dire cela, Watson. Ils montreront du moins aux nôtres ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas. Je vous avouerai qu’un grand nombre de ces documents sont arrivés à von Bork par mon intermédiaire, ce qui me dispense d’ajouter qu’ils ne méritent aucune créance : la vue d’un croiseur allemand qui naviguerait dans le Solent, conformément à mes indications, sur l’emplacement du champ de mines, serait un spectacle à illuminer la fin de ma carrière. Mais vous, Watson…

Holmes s’arrêta dans son travail pour prendre son vieil ami par les épaules.

— C’est à peine si je vous ai aperçu en plein jour. Comment vous traitent les années ? Parbleu, vous semblez toujours aussi gai, aussi jeune.