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LA NOUVELLE CHRONIQUE

— Il n’y a qu’un homme… s’exclama-t-il.

— Précisément, dit Holmes.

Von Bork se laissa retomber sur le divan, et dans un grondement de rage :

— Voilà ma vie ruinée ! Je vous dois la plus grande partie de mes informations ; qu’ai-je fait et que valent-elles ?

— Pas grand’chose, assurément, dit Holmes. Tout cela demande à être revu de près, et vous n’allez plus avoir beaucoup de temps pour cette révision. Peut-être votre amiral s’apercevra-t-il que nos nouveaux canons sont un peu plus gros qu’il ne s’y attend, et nos croiseurs un peu plus rapides ; sans préjudice de quelques nouveautés qui lui procureront des surprises.

Von Bork, d’un geste désespéré, se prit la gorge.

— J’ai lieu de croire que bien d’autres particularités viendront, le cas échéant, à la lumière. Mais vous avez une qualité rare chez un Allemand, monsieur von Bork : vous êtes sportsman, et vous ne m’en voudrez pas quand vous vous rendrez compte que vous, qui avez joué tant de gens, vous avez trouvé quelqu’un pour vous jouer vous-même. Après tout, vous avez fait de votre mieux pour votre pays ; j’ai fait du mieux pour le mien, quoi de plus naturel ? Et puis, ajouta Holmes, non sans quelque bienveillance, en posant sa main sur l’épaule de l’homme étendu, vous auriez pu succomber devant un moins digne adversaire. Les papiers sont rangés, Watson. Si vous me prêtiez la main pour emmener notre prisonnier, nous pourrions partir sur-le-champ pour Londres.

Mais ce ne fut pas une mince besogne que d’emmener von Bork. Il était vigoureux et il avait l’énergie du désespoir.

Enfin, chacun le tenant par un bras, les deux amis