Page:Doyle - La nouvelle chronique de Sherlock Holmes, trad Labat, 1929.djvu/91

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
91
DE SHERLOCK HOLMES

Qu’en pensez-vous, Watson ? Vous sentez-vous homme à secouer le poids de la chaleur, si vous devez y gagner une page pour vos annales ?

— Il me tardait de faire quelque chose.

— Alors, vous allez être content. Sonnez pour qu’on nous apporte nos chaussures, et faites chercher un cab. Je suis à vous : le temps d’ôter ma robe de chambre et de prendre quelques cigares.

Il tomba une averse pendant que nous étions dans le train, de sorte qu’en arrivant à Croydon nous y trouvâmes une atmosphère moins lourde. Prévenu par un télégramme d’Holmes, Lestrade nous attendait à la station, toujours nerveux, pimpant, et semblable à un furet. En cinq minutes, nous fûmes à Cross Street, où habitait miss Cushing.

Cross Street est une très longue rue, dont les maisons de brique, à deux étages, nettes et coquettes, montrent des perrons de pierres blanches et des groupes de femmes en tablier bavardant sur les seuils. Nous l’avions remontée jusqu’à mi-longueur, quand Lestrade, s’arrêtant, heurta à une porte, que vint ouvrir une petite bonne. On nous fit entrer dans une pièce de devant où se tenait miss Cushing. C’était une personne à la figure placide, aux grands yeux doux, aux cheveux grisonnants, rabattus de chaque côté contre les tempes. Un ouvrage de broderie reposait sur ses genoux, et il y avait, sur un tabouret, à côté d’elle, une corbeille contenant des soies de couleur.

— J’ai fait mettre ces horreurs dehors, dans le petit bâtiment attenant à la maison, dit-elle en voyant apparaître Lestrade. Vous devriez bien m’en débarrasser.

— C’est mon intention, miss Cushing ; je ne les gardais ici qu’afin de les montrer à mon ami Holmes en votre présence.