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L’ASSOCIATION DES HOMMES ROUX

Et comment savez-vous que j’ai beaucoup écrit ces temps-ci ?

— Que signifieraient alors, sur votre manche droite, cette marque luisante longue de cinq pouces et, sur la gauche, une reprise si bien faite, à l’endroit où votre coude reposait sur le pupitre ?

— Et où prenez-vous que je suis allé en Chine ?

[Illustration de G. da Fonseca]
j’ai un petit bureau de prêts sur gages.

— Il me semble que le poisson tatoué, juste au-dessus de votre poignet droit n’a pu l’être que dans le Céleste-Empire. J’ai fait sur le tatouage une étude spéciale que j’ai même publiée. Ce coloris rose tendre des écailles de poisson est tout à fait particulier à la Chine. Lorsqu’en plus, je vois un sou chinois suspendu, comme breloque, à votre chaîne de montre, il me semble qu’il ne faut pas être sorcier pour avancer que vous êtes allé dans ce pays-là.

M. Jabez Wilson rit d’un gros rire vulgaire.

— Ma parole, dit-il, je vous croyais très habile, avant de connaître votre procédé ; il est bien simple après tout.

— Je commence à croire, Watson, repartit Holmes, que j’ai tort de donner des explications. Vous connaissez le proverbe : Omne ignotum pro magnifico, et ma pauvre réputation sombrera si je continue à être aussi franc. Ne pouvez-vous pas retrouver l’annonce dont vous me parliez, monsieur Wilson ?

— La voici enfin, répondit-il, en montrant de son gros doigt la colonne du journal, la voici, et c’est le début de toute l’histoire. Lisez-la vous-même, monsieur.

Je pris le journal de ses mains et lus ce qui suit : « À l’Association des roux. En raison du legs de feu Ezekiah Hopkins, de Lebanon, Penn, États-Unis d’Amérique, il se trouve y avoir dans la Ligue une nouvelle place vacante qui donne droit à un salaire de quatre livres par