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L’AVENTURE DES CINQ PÉPINS D’ORANGE          63

et je ne pouvais m’empêcher de croire qu’un complot avait été ourdi contre lui.

[Illustration de G. da Fonseca]
mon père était tombé dans une crevasse.

J’étais fatalement l’unique héritier de mon père ; et, si je consentis à jouir de ses biens, c’est parce que j’étais convaincu que nos malheurs se rattachaient à un incident de la vie de mon oncle et que je serais poursuivi dans quelque endroit que je me réfugiasse.

C’est en janvier 85 que mon pauvre père mourut ; depuis, deux ans et huit mois se sont écoulés. Pendant ce temps, j’ai vécu heureux à Horsham ; je commençais même à croire que l’heure de la malédiction était passée pour ma famille et que la série de nos malheurs s’était éteinte avec la génération précédente. Hélas ! je m’étais vanté trop tôt, car hier matin le coup fatal s’est abattu sur moi, comme jadis sur mon père.

Le jeune homme sortit de son gilet une enveloppe froissée, la retourna sur la table et en fit tomber cinq pépins d’orange.

« Voici l’enveloppe, continua-t-il ; le timbre est de Londres, quartier Est. À l’intérieur sont les mêmes lettres qui figuraient sur le dernier message de mon père « K.K.K. » et puis cette phrase : « Placez les papiers sur le cadran solaire. »

— Qu’avez-vous fait ? demanda Holmes.

— Rien.

— Rien ?

— À vrai dire, répondit-il en cachant