Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/121

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che de la Chine. C’est une espèce de jaspe, d’un blanc semblable au blanc de l’agate : il est transparent, quand il est travaillé, et quelquefois tacheté.


Rubis.

Les rubis qu’on vend à Yun nan fou sont de vrais rubis, mais fort petits. On n’a pu savoir de quel canton de la province on les tire. On voit aussi là même quelques autres espèces de pierres précieuses, mais on dit qu’elles viennent de dehors, et surtout du royaume d’Ava, au moins sont-elles apportées par les marchands de ce pays-là, qui viennent faire leur commerce à Yung tchang fou dont la juridiction s’étend jusque sur cette frontière.


Cristal de roche.

Le plus beau cristal de roche ne vient pas de la province d’Yun nan ; il se trouve dans les montagnes de Tchang tcheou fou et de Tchang pou hien, de la province de Fo kien, situées au 24e degré 10 minutes. Les ouvriers de ces deux villes sont habiles à le mettre en œuvre, ils en font des cachets, des boutons, des figures d’animaux, etc.


Carrières de marbre.

On voit dans cette province, aussi bien que dans plusieurs autres, des carrières de marbre, qui ne céderait point à celui d’Europe, s’il était également bien travaillé. On ne laisse pas de trouver chez les marchands différentes petites pièces assez bien polies, et d’une assez belle couleur : par exemple, les tablettes nommées tien tsan, dont on orne quelquefois les tables des festins, sont fort jolies, et marquées de diverses couleurs, qui, quoique peu vives, représentent naturellement des montagnes, des rivières, et des arbres : elles sont faites d’un marbre qu’on tire ordinairement des carrières de Tai ly fou, dont on ne choisit que certains morceaux.

Mais, quoique le marbre ne manque pas à la Chine, on ne voit aucun palais, aucun temple, aucun autre édifice à Peking, ni ailleurs, qui en soit entièrement construit. Bien que les bâtiments chinois ne portent que sur des colonnes, il ne paraît pas qu’ils aient encore tenté, ou qu’ils aient su employer le marbre de couleur, à la place des bois dont on a coutume de les faire. Les bâtiments mêmes de belle pierre de taille y sont rares. La pierre n’est employée que dans les ponts et les arcs de triomphes, nommés pay leou, qui ornent les rues d’un grand nombre de villes dans chaque province.


Arcs de triomphe.

Les arcs de triomphe ont la plupart pour ornements des figures d’hommes, d’oiseaux, de fleurs fort ressemblantes, et travaillées à jour, qui sont comme liées ensemble par des cordons en saillie, vidés nettement, et engagés les uns dans les autres sans confusion. Ce qui montre l’habileté des anciens ouvriers : car on remarque que les arcs de triomphe nouvellement érigés en quelques villes, n’ont rien qui approche des anciens. La sculpture est fort épargnée, et paraît grossière ; tout y est massif, rien de vide ni d’animé.

Cependant dans les nouveaux, comme dans les anciens pay leou, l’ordre est le même : mais cet ordre est bien différent du nôtre, tant par la disposition de certaines pièces, que par la proportion des parties. On n’y remarque rien qui ressemble à nos chapiteaux, ni à nos corniches ; ce qui a quelque rapport à nos frises, est d’une hauteur, qui choque un œil accou-