Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/140

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he s’étaient retirés peu satisfaits des Chinois : il fit partir son armée avec ordre d’assiéger Ling tcheou. Le commandant de cette ville et de tout le pays qui en dépend, n’avait que peu de troupes. Il n’eut garde d’aller combattre l’ennemi avec des forces si inégales.

Le parti qu’il prit, fut de se mettre à la tête de cinq mille cavaliers, et tournant tout à coup vers les magasins où étaient les munitions pour le siège, non seulement il les brûla, mais il enleva tout le butin qu’ils avaient fait, et une partie de leur bagage. Cette perte obligea les Tou fan de lever le siège, et de rentrer au plus tôt sur leurs terres.

Ils demeurèrent pendant cinq ans dans l’inaction, ne songeant qu’aux préparatifs d’une nouvelle guerre. Au bout de ce temps-là ils mirent en campagne une armée formidable, qui s’étant partagée vint fondre presque en même temps sur les terres de King tcheou et de Ping tcheou.

Ces nombreuses troupes n’eurent pas de peine à défaire plusieurs corps de troupes impériales ; le brave Ma lin qui les avait chassés auparavant de Fong tsiang, fut battu de même que les autres officiers généraux ; mais enfin le général Co tsey les défit entièrement dans une embuscade qu’il avait dressée sur leur passage, et les mit en fuite.


779.

Cette défaite inspira au roi des Tou fan des projets plus pacifiques : il envoya à la Chine une ambassade plus nombreuse que magnifique. L’ambassadeur avait cinq cents hommes à sa suite. L’empereur pour le mortifier le retint longtemps à la cour, sans lui donner audience, et sans le congédier. Une si désagréable réception choqua fort le roi des Tou fan et il se disposait à en tirer vengeance, lorsque l’empereur vint à mourir.

Un des premiers soins de son fils nommé Te tsong qui lui succéda à l’empire, fut de délibérer sur la manière de renvoyer l’ambassadeur et sa suite. Il prit une conduite toute différente de celle de son prédécesseur : il régala les principaux de l’ambassade, il leur fit donner et à tous ceux de sa suite de riches habits à proportion du rang qu’ils tenaient, il les combla de présents, et les fit conduire par un de ses officiers nommé Ouei ling. Cet officier avait ordre de justifier le peu d’égard qu’on avait eu pour ses ambassadeurs, en rejetant ce qu’il y avait d’odieux sur leur mauvaise conduite, et sur leur suite trop nombreuse.

Ouei ling contre son attente fut reçu non seulement avec honneur, mais encore avec une magnificence qui surprit l’empereur, et lui donna de l’estime pour cette cour. Il fut défrayé et renvoyé avec un ambassadeur chargé de riches présents qu’il fit à l’empereur de la part du roi son maître, avec promesse de ne rien faire désormais qui pût rompre la bonne intelligence où il voulait être avec l’empire de sorte que la cour ne doutant plus que cette réconciliation ne fût sincère, se persuada trop aisément qu’il n’y avait plus de trouble à craindre de la part des Tou fan.


786.

Cependant le roi mourut : Tsang po son successeur ne fut pas plus tôt sur le trône, qu’il mit son armée en campagne avec ordre d’entrer dans le Chen si. Elle arriva plus tôt qu’on ne put s’en apercevoir ; et elle défit dans sa marche tout ce qu’elle rencontra des troupes impériales jusqu’à la ville de Kien tching, appelée maintenant Kien yang.