Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/187

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taillées, mais bien cimentées ; de distance en distance elle est flanquée de tours carrées de brique, qui me parurent aussi entières que si elles eussent été bâties tout récemment. La muraille, en y comprenant les créneaux, peut avoir dix à douze pieds de haut, sur trois à quatre d’épaisseur. Il y en a de grands pans encore tout entiers, d’autres qui sont renversés, d’autres où il ne manque que les créneaux. Au reste cette hauteur de dix pieds est partout la même, soit dans les vallées, soit sur les montagnes, et quand on dit qu’elle est élevée de cent pieds et davantage, on y comprend les montagnes.

A vingt lis de la douane, je vins dîner à Pe tchin y gros bourg. A cinq lis après l’avoir passé, on entre dans un chemin de dix pas de large bordé de montagnes assez escarpées, et qui ont environ soixante pas de perpendicule. Après avoir fait 50 lis, j’arrivai à Ping ting tcheou. Cette ville a environ 2.000 pas de tour : la partie du nord située sur une colline est déserte, le reste est fort peuplé. Le faubourg de l’ouest est grand, on passe au travers de la ville dans une rue qui est de trois cents pas géométriques. J’y ai compté vingt-huit arcs de triomphe, les uns tout de bois avec des bases de pierre, d’autres dont les bases et les colonnes sont de pierre : il y en avait quelques-uns de fort beaux. On en voit encore six dans le faubourg occidental. Cette ville est située dans une plaine au milieu des montagnes. Deux lieues avant que d’y arriver, le chemin commence à être beau ; le haut des montagnes se laboure avec des bœufs. On voit des villages dans des grottes, ou plutôt dans des trous qu’on creuse exprès ; ce sont des chambres assez propres, longues de 20 pieds, et larges de 10 à 12. J’ai passé par quatorze villages, sans y comprendre les deux termes. La route au sud-ouest 1/4 ouest.

Le 7, en sortant de Ping ting, on va nord en montant peu à peu durant sept à huit lis jusqu’à un village, après lequel est une descente assez raide. On trouve au bas un autre village. Durant quinze lis on marche au nord-ouest. A 23 lis on passe un ruisseau qui court à l’orient. A 25 lis un village où l’on tourne à l’ouest-nord-ouest. A 40 lis autre village où l’on tourne à l’ouest sud-ouest durant deux lis. Ensuite au nord-ouest durant 12 lis, puis 6 lis à l’ouest jusqu’à Sin tien où je dînai, qui est éloigné de 60 lis de Ping ting.

De Sin tien 4 lis à l’ouest. Ensuite 6 lis à l’ouest nord-ouest jusqu’à un village. A 14 lis on passe un ruisseau qui vient du nord et qui entre dans celui que je côtoie. A 20 lis bourgade. A 4 lis au-delà on grimpe une montagne fort raide. Là finit le chemin pierreux et tout à fait incommode. Le haut de cette montagne, et de toutes celles qu’on découvre aux environs, est très bien cultivé, et c’est un agréable spectacle de les voir toutes coupées en terrasses depuis le pied jusqu’au sommet.

De là à l’ouest jusqu’à Cheou yang hien en descendant peu à peu. Cette ville est distante de Sin tien de 40 lis. Un li avant que d’entrer dans le faubourg, on laisse à gauche une tour à 300 pas du grand chemin au-delà de la vallée, où court la rivière que je côtoyais.