Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/191

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colline. A 18 lis on trouve un gros village où l’on descend dans une belle plaine. Au bas de cette descente est un beau pont de trois arches de pierre sur un ruisseau. Cinq lis auparavant la route au sud sud-ouest.

Après avoir passé quelques villages, et un beau pont de dix-huit pas en côtoyant toujours le Fuen ho, on arrive à Hong tong hien qui est à trente lis. Cette ville à dix-huit cents pas de circuit ; on la traverse ; à l’angle du nord ouest on trouve une pagode avec un obélisque. Durant quatre mille pas c’est un village presque continuel le long de la colline. Cette plaine qui a plus de quarante pieds au-dessous de la précédente, a au moins mille pas de large jusqu’à la rivière.

A la sortie de la ville on passe sur un beau pont de dix-sept arches qui a soixante pas de longueur. Les piles sont de pierres de taille liées avec de grosses clefs de fer : les éperons en sont gros et forts : sur les éperons on voit différentes figures d’animaux couchés en saillie, et arrêtés par des barres de fer rondes, et de trois pouces de diamètre, parmi lesquels il y a quelques lionceaux. Il est pavé de gros quartiers de pierres posés sur des poutres.

A trois lis de Hong tong est un village où l’on tourne au sud-ouest 1/4 ouest ; à treize lis gros bourg à droite, et à trente lis autre gros bourg à la sortie duquel se voit un beau pont de pierre à appui de trois arches sur un gros ruisseau. Je passai deux autres villages et deux ponts qui étaient sur le Fuen ho.

A cinquante lis je dînai dans une grosse bourgade où l’on voit un beau pont de pierre de sept arches, avec des appuis de panneaux de pierre coulés dans les rainures des poteaux : ces panneaux sont ornés de bas reliefs, de caractères chinois, et de quatre gros lions aux quatre coins ; il est long d’environ 60 pas.

A 60 lis est la ville de Pin yang fou, qui a plus de 4.000 pas de circuit. Là un pont de bois sur le Fuen ho, ensuite route au sud-ouest. Après avoir fait 10 lis et passé quelques villages, je vins coucher à Tsiang leng hien. A l’entrée de cette ville est un pont à appui couvert d’un toit porté sur des colonnes de bois. Elle est fort peuplée.

Je marchai tout le jour dans des plaines très agréables et très unies, quoique de différent niveau. Il n’y a pas un pouce de terre qui ne soit cultivé. Tout y était déjà vert, ce que je n’avais vu nulle part ailleurs. Cela vient sans doute de la multitude des ruisseaux qui descendent à droite et à gauche des montagnes, dont les eaux sont si bien ménagées, que tout le monde y a sa part.

C’est un fort beau paysage que ces montagnes pleines de blé, de légumes, d’arbres et de villages, dont le nombre surprend. Comme les blés sont semés en planche, toute cette étendue de pays paraît être un jardin. J’y vis beaucoup de ces arbres qu’ils nomment Tsai tze : la fleur en est jaune, et on en tire de l’huile à brûler. Après avoir passé le Fuen ho on trouve du riz semé sur ses bords qui sont marécageux. Toujours grand monde sur le chemin, et les campagnes couvertes de laboureurs qui y sèment des légumes.

Le 14 route au sud-ouest 1/4 sud : après avoir marché trente-sept lis dans un pays semblable à celui du jour précédent, je passai un pont de cinq