Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/203

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


du second ordre, située sur la rive méridionale du Hoang ho ou Fleuve Jaune, ainsi nommé à cause de la couleur de ses eaux troubles mêlées d’une terre jaunâtre, qu’il détache sans cesse de son lit par la rapidité de son cours.

Ce fleuve, quoique large et profond, n’est guère navigable, parce qu’il est presque impossible de le remonter, à moins que d’avoir un vent forcé. Il change souvent de lit, et ruine quelquefois ses rives de telle sorte, qu’on lui voit inonder tout à coup les campagnes, et submerger des villages et des villes entières. Il a cinq à six cents pas de largeur vis-à-vis de Siu tcheou, où nous le traversâmes.

Au sortir de notre barque, nous trouvâmes le tchi tcheou, ou gouverneur de la ville nommé Cong laoye, un des descendants de Confucius, dont la famille se conserve en ligne droite depuis plus de deux mille ans. Nous reçûmes de lui toutes sortes de politesses : il nous attendait sur le bord de la rivière, où il nous régala de thé et de fruits. Il vint ensuite nous visiter à notre auberge, où il envoya des tables chargées de viandes. Ayant su que j’avais un cheval qui marchait durement, il m’offrit le sien propre, et envoya pendant la nuit des gens de son tribunal à cinq lieues de la ville, pour nous y faire préparer le lendemain à dîner. J’allai lui rendre visite, et lui recommander deux églises que nous avions dans cette ville, qui y avaient été autrefois érigées par le père Couplet.

Le 21 nous fîmes trois postes : la première de cinq lieues jusqu’à Tao chan y. La seconde de quatre jusqu’à Kia keou y et la troisième de six jusqu’à Sieou tcheou. Depuis Tong ngo hien nous avons toujours trouvé à droite et à gauche de longues chaînes de montagnes désertes et incultes, entre lesquelles nous rencontrions d’ordinaire de vastes campagnes plates, unies, et bien cultivées.

Le 22 deux postes : L’une de cinq lieues jusqu’à Ta tien y et l’autre de sept jusqu’à Cou tching y.

Le 23, deux postes de six lieues chacune : la première jusqu’à Vang tchouang y, et la seconde jusqu’à Hao leang y. A la sortie de Vang tchouang y nous découvrîmes fort loin dans l’horizon, entre le midi et l’occident, montagne Yn yu chan, c’est-à-dire, la montagne du sceau d’agate, parce que c’est de cette montagne qu’on tire la pierre yu che, qui est une espèce de pierre précieuse comme l’agate, dont on fait des sceaux et des cachets. C’est de cette pierre que se fait le sceau impérial, c’est pourquoi on a donné à cette montagne le nom de Yn yu chan.

Le 24 deux postes : l’une de quatre lieues et demie jusqu’à Hong sin, et l’autre de six jusqu’à Ting yuen hien.

Le 25 trois postes : la première de quatre lieues et demie jusqu’à Tchang kiao y, la seconde de six jusqu’à Fou tching y, la troisième de quatre lieues et demie jusqu’à Tien fou y.

Ce jour-là environ un quart d’heure avant le lever du soleil, je vis dans le ciel un phénomène, que je n’ai jamais vu, et dont je n’ai point ouï parler en France, quoiqu’il soit fort ordinaire en orient, surtout à Siam et à la Chine ; car je l’ai observé distinctement plus de vingt fois, tantôt le matin,