Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/213

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tai ou Menan lai, qui est le nom de la rivière qui le traverse. Cette rivière est pleine de roches : elle vient du côté du nord, et tire sa source d’une montagne nommée Pang yeng ; puis descendant vers M. Kemarat, elle se rend dans la rivière de Menan kong, vers Ban kiop. La rivière de Siam prend sa source dans une montagne appelée Kiang daou, et celle de Kiang haï ou Kiang laï se décharge dans la principale rivière du royaume de Siam appelée vulgairement Menan.

Dans la capitale du royaume de Lahos, il y a grande abondance de riz, et il est à si grand marché, que pour un foua, c’est-à-dire, pour quelques sols de notre monnaie, on en peut avoir cinquante ou soixante livres.

Il y a peu de poisson, mais en récompense la chair de buffle, de cerf, etc. y est fort commune, et on la vend au bazar. Les mois de mai, de juin, et de juillet, sont la saison des fruits ; on y en voit de toutes les sortes qui se trouvent dans le royaume de Siam, excepté le Thourian ou Dourion, et le mangousian.

A cinq journées de Mohang leng, en tirant vers le nord, il y a des mines d’or, d’argent, de cuivre, et d’une espèce de soufre rouge fort puant. A deux cents senes ou cordes de cette même ville et du même côté, il y a un puits ou mine de pierreries qui a bien cent senes de profondeur, d’où l’on tire des rubis, dont quelques-uns sont gros comme une noix ; on y trouve aussi une espèce d’émeraudes ou de pierres vertes, et l’on assure que le roi de Lahos en a une qui est grosse comme une orange. Il y en a aussi de diverses autres couleurs. Un ruisseau passe par cette mine, et en détache plusieurs qu’il entraîne avec ses eaux. On en ramasse quelquefois du poids de deux à trois mas, c’est-à-dire, d’un quart ou d’un tiers d’once pesant.

Pour ce qui est de la mine d’argent, le roi en tire environ trois cents soixante catis par an. Ce sont les Chinois qui travaillent à cette mine, et qui en font toutes les façons. Les marchands des villes suivantes, savoir M. Kemarat, M. Lee, M. Maï, M. Tengmaa, M. Meng, M. Daa, et M. Pan, vont à cette mine : les montagnes qui la renferment ont environ trois cents senes de hauteur : elles sont toutes couvertes d’herbes, que la rosée conserve dans une fraîcheur et dans une verdure continuelle.

On y trouve une espèce de racine médicinale que les Chinois nomment Tong kouei, et les Siamois Cot houa houa : il s’y trouve encore une espèce d’arbre appelé Vende jang, qui porte des fleurs de la grosseur du doigt, dont l’odeur est très agréable. Quand ces fleurs s’ouvrent, elles sont de diverses couleurs rouges, jaunes, blanches, et noires ; et lorsque le fruit commence à se former, il a la figure d’un canard. Il y a dans ce lieu là grand nombre de ces arbres, et c’est particulièrement dans les endroits où il y en a davantage, que la rosée est plus abondante.

Les habitants de Mohang leng trafiquent avec leurs voisins, sans se donner la peine d’aller chez eux. Leurs marchandises consistent en pierreries, en or, en argent, en étain, en plomb, en soufre ordinaire et soufre rouge, en