Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/276

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l’empire. Elle est fortifiée naturellement par des montagnes inaccessibles qui la couvrent.

Il n’y a guère que cette ville, où par des canaux on conduise dans chaque maison l’eau qui descend des montagnes. Elle a encore une chose singulière, c’est que ses habitants parlent communément la langue mandarine, qui est la langue des savants ; ce qui fait juger qu’elle a d’abord été habitée par une colonie venue de la province de Kiang nan. Les barques de toute la province passent aux pieds de ses murs.

Cha hien qui est une des sept villes qu’elle a dans sa juridiction, s’appelle communément la ville d’argent, à cause de l’abondance et de la fertilité de ses terres. Le terroir des autres villes n’est guère moins fertile.


TING TCHEOU FOU. Cinquième ville.


Elle est enfoncée dans les montagnes, qui séparent la province de Fo kien de celle de Kiang si. Parmi ses montagnes il y en a qui sont toutes couvertes de fleurs, surtout au printemps, ce qui fait un agréable spectacle ; il y en a d’autres, où s’il était permis de creuser, on trouverait des mines d’or ; quelques autres qui sont presque inaccessibles par leur prodigieuse hauteur. Cependant le pays fournit abondamment tout ce qui est nécessaire à la vie. L’air n’y est pas fort sain, et on y fait peu de commerce. Sept villes du troisième ordre relèvent de cette ville.


HING HOA FOU. Sixième ville.


Le nom qu’on a donné à cette ville, signifie fleur naissante ; aussi faut-il avouer quelle est située dans le pays le plus beau et le plus fertile de toute la province, et au bord de la mer. Quoiqu’elle n’ait que deux villes du troisième ordre dans son ressort, c’est cependant la ville qui paie le tribut le plus considérable en riz.

On trouve dans l’étendue de son district une si grande quantité de bourgs et de villages, qu’on le prendrait pour une ville continuelle. Il y a de ces bourgs, qui par leur grandeur et par la beauté de leurs édifices, pourraient être mis au rang des villes ; Quantité de riches marchands y demeurent, qui trafiquent par tout l’empire.

Les chemins sont très propres, fort larges, et pavés presque partout de pierres carrées. On voit dans la ville plusieurs arcs de triomphe dont elle est embellie. Le fruit de li tchi y est meilleur que dans tout le reste de la province. On y pêche de fort bons poissons, et de toutes les sortes ; et le pays fournit aussi de la soie.