Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/366

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C’est dans ce pays qu’on trouve les meilleures pierres, que les lettrés emploient à préparer leur encre, dont ils peignent leurs caractères avec le pinceau. On y prend des oiseaux, dont le plumage est varié de diverses couleurs très vives : on les entrelace dans des étoffes de soie.

Cette ville capitale ne compte sous sa juridiction particulière que deux villes du second ordre, et sept du troisième ; elle est presque toute environnée de peuples sauvages et barbares, qui sont cantonnés dans leurs montagnes. J’ai déjà parlé de leurs mœurs, et j’ai fait la distinction de ceux qui avaient rapport aux mandarins chinois, et de ceux qui vivaient dans l’indépendance.


LIEOU TCHEOU FOU. Seconde ville.


Le territoire de cette ville est d’une grande étendue ; les eaux qui l’arrosent sont très belles, mais le pays est fort montagneux : on trouve dans ces montagnes beaucoup de simples, dont les médecins font un grand usage. Deux villes du second ordre, et dix du troisième dépendent de sa juridiction.

Parmi ces dernières Vou fuen hien est célèbre par la réputation qu’ont ses habitants d’avoir l’esprit extrêmement vif et subtil. On ne fait point à Peking d’examen pour le doctorat, qu’on n’élève plusieurs lettrés de cette ville au rang de docteur, qui sont employés ensuite dans les gouvernements et les magistratures.


KIN YUEN FOU. Troisième ville.


Cette ville quoique bâtie sur une grosse rivière, n’en a pas plus d’agrément : outre qu’elle est environnée de montagnes horribles à la vue, elle a encore dans son voisinage, celles de la province de Koei tcheou, qui sont inaccessibles, et habitées par des peuples à demi sauvages.

Les vallées qui se trouvent entre ces affreuses montagnes, sont semées de villages et de forts. On amasse de l’or dans ses rivières, et l’on trouve partout de l’areca. Elle compte sept villes dans son ressort, dont deux sont du second ordre, et cinq du troisième.


SE NGUEN FOU. Quatrième ville.


Le district de cette ville n’est pas d’une grande étendue : elle ne commande qu’à une ville du second ordre, et à deux villes du troisième. Elle est environnée de montagnes ; ces peuples qui étaient autrefois grossiers et demi barbares, se sont civilisés peu à peu, depuis qu’ils ont été incorporés à l’empire.