Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/37

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nisme, il paraît qu’ils n’ont entendu par là que cette déférence extérieure qu’on doit avoir les uns pour les autres, certains dehors d’un air composé, certaines postures que l’on peut prendre, comme de se mettre à genoux, de se prosterner par terre ; certaines marques de soumission et d’obéissance qu’on rend aux parents, aux magistrats, et à tous ceux qui sont revêtus de quelque autorité : mais cette humilité intérieure, qui nous apprend à humilier notre cœur sous la puissante main de Dieu, à reconnaître nos fautes, à ne présumer point de nous-mêmes, à n’attribuer rien à nos propres forces ; elle ne nous est enseignée, comme le remarque S. Augustin, que par la doctrine et les actions de J. C. lorsqu’il nous a dit : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ; lorsqu’étant infiniment grand, il s’est fait petit pour venir jusqu’à nous ; lorsque n’ayant point de péché à effacer ni à expier, il s’est anéanti, il s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix. Lui seul était capable de nous apprendre, et de nous faire aimer une vertu si sublime et si peu connue qui est néanmoins la base et le fondement de toutes les vertus.

Les autres Sciences n’ont pas été tout à fait négligées par les Chinois : mais y ont-ils fait de grands progrès ? C’est de quoi on sera en état de juger par ce que j’en rapporte. On saura du moins ce qu’ont fait les missionnaires jésuites pour les aider à perfectionner quelques-unes de ces Sciences, et en particulier l’astronomie, dans laquelle ils étaient le plus versés, et pour leur apprendre les autres parties des mathématiques qu’ils ignoraient.

Du reste, on ne peut nier qu’ils n’aient du goût pour