Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


fondes, selon que le comporte le terrain ; mais encore toutes les gorges des montagnes, et toutes les portes grandes ou petites, au nombre d’environ trois cens, tous les forts et toutes les places militaires, même celles qui étant construites à une certaine distance de la muraille, ne semblent avoir été bâties que pour soutenir les autres et en sont voisines. Elle comprenait enfin la position de tous les lieux voisins, tant en deçà qu’en delà, de même que de l’entrée et de la sortie des rivières tant soit peu considérables.

Cette carte fut reçue fort agréablement de l’Empereur, qui ne doutant plus du succès de l’entreprise, se sentit encore plus porté à ne rien épargner pour y réussir.

Le 8 mai de l’année 1709 le père Régis, le père Jartoux, et le père Fridelli, Allemand, que l’Empereur leur joignit, partirent de Peking pour aller au-delà de la grande muraille, commencer la géographie de la Tartarie orientale : c’est proprement le pays des Mantcheoux qui gouvernent aujourd’hui la Chine. Il y avait de la difficulté, parce que ce pays ayant été comme abandonné depuis tant d’années, il ne paraissait pas possible d’y trouver les secours nécessaires d’hommes, de montures, et de vivres, dont on ne pouvait se passer dans un travail qui devait durer plusieurs mois. Comme rien n’échappait à la prévoyance de l’Empereur, il donna de si bons ordres aux mandarin Mantcheoux, qui gouvernent les villes, dont ces pays abandonnés dépendent, et ses ordres furent exécutés si ponctuellement, que l’ouvrage ne fut jamais retardé.

En allant vers ces quartiers, on détermina les lieux principaux de la province de Leao tong, ou Quan tong