Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/456

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Le roi de Tching, qui régnait dans la province de Chen si, songea à rétablir l’ordre dans le sien. Il confia ce soin à son premier ministre, dont il connaissait la capacité et le mérite. Celui-ci entra parfaitement dans les vues de son maître. Il commença par réformer la Cour, en retranchant des abus qu’un long usage avait autorisés : il renouvela les anciennes lois établies par les meilleurs princes ; il partagea les terres avec égalité, et il fit paraître tant de sagesse dans cette distribution, que les riches ne se plaignirent point du retranchement qui leur était fait, pour soulager la disette des pauvres. Il régla :

1° Que les terres se partageraient en neuf parties égales, que la neuvième partie serait du domaine, et qu’on la cultiverait à frais communs.

2° Que la pêche serait permise indifféremment à tout le monde dans les lacs et les étangs.

3° Que les magistrats auraient une attention particulière aux veufs aux veuves, aux vieillards qui n’ont point d’enfants, et aux orphelins, afin de les assister dans leurs besoins.

Confucius se maria à l’âge de dix-neuf ans : il se contenta d’une seule femme, dont il eut un fils. Quelque temps après il la répudia, sous quelque prétexte qu’il prit ; mais la véritable raison qui le porta à ce divorce, fut de se délivrer des soins et des embarras d’une famille, afin de pouvoir vaquer plus librement à l’étude ; il fit de si grands progrès en peu d’années, et il acquit tant de connaissances, qu’il devint le plus grand docteur de l’empire.


Cycle XXXI. Année avant J. C. 537.

L’empereur mourut la dix-huitième année du cycle : il eut pour successeur son fils nommé Meng vang ; mais ce prince ne vécut que peu de mois, pendant lesquels il lui naquit un fils, ce qui donna lieu à deux factions puissantes, qui s’élevèrent dans l’empire.

Les principaux de la Cour déclarèrent empereur cet enfant, qui était encore au berceau, et lui nommèrent des tuteurs pour gouverner l’empire, jusqu’à ce qu’il fût en âge de le gouverner lui-même.

D’un autre côté quelques gouverneurs des provinces, alléguant la faiblesse de son âge, et l’incertitude de sa vie, proclamèrent empereur le frère de Meng vang. On en vint aux armes : cette dernière faction, qui se trouva plus puissante, força la capitale, et mit en possession du trône celui qu’elle avait choisi : quoique son nom soit le même que celui de son frère King vang, il s’écrit néanmoins avec différents caractères, et n’a pas la même signification.