Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/505

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années d’une vie obscure, il mourut âgé de quarante-trois ans. Les Grands élirent à sa place Kien ven ti, le dernier des enfants de Yuen ti, cinquième empereur de la dynastie régnante.


KIEN VEN TI. Douzième empereur.
A régné deux ans.


Un règne de deux ans ne laisse rien à dire de cet empereur : on sait seulement qu’il mourut à l’âge de cinquante-trois ans. Son fils Vou ti hérita de sa couronne.


VOU TI. Treizième empereur.
A régné vingt-quatre ans.


Ce fut l’année dixième du cycle que Vou ti monta sur le trône. Fou kien qui était empereur du nord, songea à exécuter le projet qu’il avait formé de porter la guerre dans les provinces du midi, d’y attaquer l’empereur, et de conquérir toutes ses provinces. Ceux de son conseil tâchèrent de le dissuader d’une entreprise si hasardeuse : ils lui représentèrent que c’était par l’ordre du Ciel que la famille des Tsin avait été placée sur le trône, que jusqu’à présent elle n’avait point attiré sur elle le courroux du Ciel, ni mérité d’en être abandonnée. Ces remontrances furent inutiles : Fou kien comptant sur la bravoure et sur le nombre de ses soldats, s’avança vers le midi avec une armée formidable.

Vou ti qui fut informé de sa marche, prit avec lui l’élite de ses soldats, et sans donner le temps à son ennemi de réunir toutes ses forces, il l’attaqua dans son camp avec tant de valeur et d’intrépidité, qu’une terreur panique s’étant emparée de cette nombreuse armée, elle fut entièrement défaite par une poignée de soldats que Vou ti commandait lui-même. Dans la déroute générale des restes de l’armée de Fou kien, les chefs au désespoir, se saisirent de sa personne, et l’ayant conduit dans un temple voisin, ils l’étranglèrent.

Après une action si décisive, et en même temps si funeste à l’empire du nord, plusieurs petits souverains se révoltèrent : ils eussent bientôt plié sous les lois du vainqueur, si Vou ti eût su profiter de sa victoire, et s’il eût porté ses armes triomphantes vers les provinces septentrionales. Mais content de jouir de sa bonne fortune, il s’abandonna aux délices d’une vie molle et sensuelle.