Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/519

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d’instruments. Sa réputation attira à la cour plusieurs princes étrangers qui vinrent se mettre sous sa protection.

Par un trait de politique, qui est encore maintenant en usage, il défendit au peuple le port des armes. Il fit réparer la grande Muraille qui sépare la Chine de la Tartarie, et il y employa, dit-on, un million d’hommes. Il porta son attention jusqu’à l’avancement et au progrès des sciences ; pour cela il donna la commission à cent des plus habiles lettrés de revoir et de réimprimer de la manière qu’il se pratiquait en ce temps-là, tous les livres qui traitaient de la guerre, de la politique, de la médecine et de l’agriculture.

Il établit le grade de docteur, dont les lettrés et les gens de guerre devaient se rendre capables pour parvenir aux emplois civils et militaires. Il attaqua les Coréens par mer et par terre ; mais cette expédition n’eut aucun succès. Il y revint dans la suite, et les força de lui envoyer des ambassadeurs pour implorer sa clémence en qualité de ses vassaux.

Lorsqu’il visitait les provinces méridionales de l’empire, l’année treizième du cycle il arriva à Yang cheou, ville de la province de Kiang nan, et il y fut tué à l’âge de trente-neuf ans par un homme de la lie du peuple, nomme Hoa kié. Un des petits souverains nommé Li yuen, ayant assemblé une armée de 120 mille hommes, mit la couronne sur la tête de Kong ti, petit-fils de l’empereur Kao tsou ven ti.


KONG TI. Troisième empereur.
A régné un an.


Ce prince ne monta sur le trône que pour en descendre aussitôt. Dans la même année Li yuen le fit empereur, et le déposa. Le second fils de Li yuen s’étant mis à la tête de l’armée formée par son père, se rendit maître du palais.

On dit que considérant la magnificence et les richesses de ce palais, il poussa un profond soupir, et qu’il s’écria : « Non, il n’est pas permis de laisser subsister plus longtemps un si superbe édifice qui n’est bon qu’à amollir le cœur d’un prince et à fomenter sa cupidité » ; et que sur-le-champ il le fit réduire en cendres.

C’est ainsi que finit la dynastie Souy, qui est la dernière des cinq petites dynasties. Li yuen fut le fondateur de la dynastie suivante, et il régna sous le nom de Chin yao ti.