Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/536

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prince. Sa sagesse, son discernement, sa modération, son équité, son application à toutes les affaires, et son amour pour le bien des peuples, le firent regarder comme le parfait imitateur de Tai tsong, ce second empereur de la dynastie, dont la mémoire était encore en vénération dans tout l’empire.

Quelque mérite qu’eût ce prince, il ne put parvenir à abattre la puissance des eunuques. Son premier ministre nommé Hou tao lui présenta un mémorial, par lequel il lui conseillait d’être inexorable à l’égard des eunuques qui feraient quelque faute, et de ne point remplacer ceux qui viendraient à mourir, afin que leur nombre diminuant peu à peu, il fut plus aisé de les détruire. Ce projet, qui fut éventé par les eunuques, produisit des inimitiés mortelles entr’eux et le ministre, et les troubles furent plus grands que jamais.

Les écrivains chinois blâment ce prince, d’avoir fait venir à sa cour des sectaires de Tao, afin de se procurer par leur moyen le prétendu breuvage qui rend immortel. Sur quoi un de ses ministres lui représenta, que le meilleur moyen de se procurer une longue et heureuse vie, était de se rendre le maître de son cœur, de réprimer ses passions, et de pratiquer la vertu. « La plupart des empereurs qui vous ont précédé, lui ajouta-t-il, seraient parvenus à une extrême vieillesse, s’ils avaient suivi le conseil que je vous donne. »

A peine eut-il pris le breuvage que lui donnèrent les sectaires, qu’il se vit dévorer par les vers qui fourmillaient dans son corps, et peu de jours après il mourut âgé de cinquante ans. Il eut pour successeur son fils Y tsong, qui fut élu par les eunuques.


Y TSONG. Dix-septième empereur.
A régné quatorze ans.


Le faste et l’orgueil de ce prince, sa prodigalité, son luxe, ses débauches outrées le mirent dans un décri général. L’année quatorzième de son règne il fit porter avec pompe dans son palais un os de l’idole Fo, et trois mois après il mourut âgé de trente-un ans.

Les écrivains chinois attribuent à son fol attachement pour cette idole, et sa mort, et les troubles qui la suivirent. Les eunuques mirent en sa place son fils nommé Hi tsong.