Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/572

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L’année suivante il se rendit maître de Peking dont le siège ne dura qu’un jour. Il érigea cette contrée en souveraineté qu’il donna à son quatrième fils. Ensuite il honora du titre d’empereur son père, son aïeul, son bisaïeul, et son trisaïeul.

Il fit plusieurs ordonnances pour maintenir la tranquillité dans l’empire. Par ces ordonnances il était réglé :

1° Que ceux qui possèdent des souverainetés, n’étendront point leur pouvoir au-delà de leur territoire, et ne se mêleront point des affaires publiques.

2° Que les eunuques ne posséderont aucune charge ni civile ni militaire.

3° Qu’il ne sera jamais permis aux femmes de se faire bonzesses, ni aux hommes d’entrer dans un monastère de bonzes, pour se consacrer à cette profession avant l’âge de quarante ans.

4° Que les lois anciennes et modernes seront rédigées dans un corps de trois cents volumes. Cet ouvrage fut un siècle entier à paraître.

5° Que les vingt-sept mois qu’on mettait à pleurer les parents défunts, seraient réduits à vingt-sept jours.

Sa cour fut bientôt remplie d’ambassadeurs qui vinrent de tous côtés le féliciter sur son avènement à la couronne. Parmi leurs présents, ils lui offrirent un lion, et c’est la première fois que les Chinois virent un animal de cette espèce. La Corée, le Japon, l’île Formose, le royaume de Siam, et les îles méridionales se distinguèrent par de célèbres ambassades.

La joie qui régnait à la cour de ce prince, fut bien troublée par la perte qu’il fît de sa femme nommée Ma, qui était montée avec lui sur le trône, et dont il faisait un cas infini, publiant hautement que c’était à la sagesse de ses conseils qu’il était redevable de sa couronne. Il en eut tant de regret, qu’il ne put jamais se résoudre à créer une autre impératrice.


Cycle LXIII. Année de J. C. 1384.

Une de ses principales attentions, fut de faire fleurir les lettres. Il donna les plus beaux privilèges au collège impérial, et il voulut assister lui-même aux examens où l’on conférait le degré de docteur. Il ne permit pas néanmoins qu’on rendît à Confucius les mêmes honneurs qu’on rend aux rois, ainsi qu’avaient fait quelques-uns de ses prédécesseurs ; mais il voulut qu’on l’honorât en qualité de Sien sseë, c’est-à-dire, de maître de l’empire.

Parmi les différentes maximes qu’on rapporte de ce prince, il y en a deux qui lui étaient fort familières : « Quand il y a du mouvement et des troubles dans l’empire, disait-il, n’agissez jamais avec précipitation. Si tout y est tranquille, prenez garde de traiter vos peuples avec trop de sévérité, et de vous attacher à des minuties. »

D’autres fois il disait, que comme le Ciel et la terre produisent tout ce qui est nécessaire à l’entretien des hommes, de même un sage empereur ne doit songer qu’aux moyens de pourvoir aux