Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/587

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Ce fut la même année que les Japonais entrèrent les armes à la main dans le royaume de Corée, où ils mirent tout à feu et à seng, et où ils s’emparèrent de plusieurs villes. Le roi fut contraint de prendre la fuite, jusqu’à ce qu’il eut reçu de l’empereur de Chine le secours qu’il avait fait demander par les ambassadeurs. Ce secours vint à propos, et il y eut un combat sanglant et opiniâtre, où les Japonais furent entièrement défaits.

Ceux-ci après leur défaite, implorèrent la clémence de l’empereur par une ambassade solennelle, où après avoir demandé pardon de leur faute, ils le suppliaient de vouloir bien honorer leur chef d’un titre qui autorisât ses prétentions. L’année suivante l’empereur lui accorda le titre de Ge puen vang, c’est-à-dire, de roi du Japon, avec défense d’envoyer désormais aucun ambassadeur à la Chine.

L’année trente-troisième l’empereur ordonna, contre l’avis de ses ministres, qu’on ouvrît des mines d’or et d’argent dans les provinces de Ho nan, de Chen si, et de Chan si ; mais six ans après il les fît fermer.

Ce fut l’année suivante et la 1597e de l’ère chrétienne qu’arriva la glorieuse mort des premiers martyrs du Japon, qui y furent crucifiés en haine de la foi. Quatre ans après le père Matthieu Ricci fut introduit pour la première fois dans le palais de l’empereur, qui lui témoigna beaucoup d’estime et de considération. Ce prince agréa tous ses présents, parmi lesquels il y avait un tableau du Sauveur, et un autre de la très sainte Vierge, qu’il fit placer dans un lieu honorable.

Cependant les Tartares Niu che, ou orientaux, commençaient à se faire redouter. Ils étaient partagés en sept ordres, ou dynasties différentes, qui après s’être fait longtemps la guerre les uns aux autres, furent enfin réunis sous l’obéissance d’un seul prince, qui se forma un royaume.

Pour ce qui est des Tartares Tan yu, ou occidentaux, ils demeuraient tranquilles dans leurs terres, et avaient cessé d’inquiéter les Chinois, comme ils faisaient auparavant, par des irruptions fréquentes et imprévues.

La quarante-septième année du cycle, c’est-à-dire, en l’année 1610, le père Matthieu Ricci mourut en odeur de sainteté à l’âge de cinquante-huit ans, après avoir établi plusieurs chrétientés ferventes dans les diverses provinces de la Chine, soit par lui même, soit par le secours des compagnons de son zèle.

L’empereur accorda pour sa sépulture un vaste emplacement hors de la ville, où il y avait un bâtiment et un jardin, qui avaient appartenu autrefois à un eunuque au temps de sa faveur, et qui lui furent ôtés depuis sa disgrâce.

L’année cinquante-deuxième un mandarin nommé Chin ki, par un faux zèle pour sa secte, suscita une persécution cruelle dans la