Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/175

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Scène III


Maintenant qu’il a disparu, elle qui l’a écouté dans une immobilité surnaturelle, peu à peu elle revient à elle. Comme au sortir d’un rêve, ses bras qui veulent retenir la vision tremblent, sa voix qui veut la rappeler s’arrête dans sa gorge. Enfin un cri effroyable s’échappe de sa bouche.

Alors apparaissent les Floramyes ; elles se précipitent vers elle et l’entourent :

— Reine !…

— Ô chère reine !…

— Ô pauvre, ô tendre reine !…

— Ô chère, ô malheureuse reine !…

Mais d’un geste, hagarde toujours, elle les écarte et les repousse, loin d’elle, à jamais loin d’elle…

Au dehors, le plein jour brille.