Page:Dujardin - Antonia, 1899.djvu/92

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
74
LA LEGENDE D’ANTONIA

temps des cerises !
Temps des joyeuses gaillardises !


Le Fiancé

Ô ma petite,
Comme une feuille que le vent agite,
Ne tremble pas, ma marguerite.

Sous tes sourires, pourquoi tes rougeurs ?
Pourquoi, en tes yeux si gais, tes yeux songeurs ?

Est-ce les ariettes
Des fauvettes
Qui t’inquiètent,

Ou les anecdotes
Dont les vieux nous dotent ?
Mais ils radotent.
 
Garde-toi bien
D’écouter rien ;

Si ta main s’appuie à mon bras,
Si tu mets sur mon épaule ce front las,

Que te fait
Que les arbres de la forêt
Et les fleurs du bosquet
Et les herbes hautes du marais