Page:Dujardin - Poésies, 1913.djvu/143

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V


Un jour, un rêvé chevalier,
Tandis qu’une pauvre pucelle,
Sous l’oppression du siècle grossier

Et de l’injustice et de la loi cruelle
Et du monde où tout ment
Et de la vie qui tout flagelle,

Se tordait les bras, invoquant
L’impossible,
Et fléchissait misérablement,

Un jour, un chevalier vêtu d’argent incorruptible
Est apparu du fond brumeux
De l’éternel inaccessible ;

Il est venu, venant des cieux.
Il est descendu d’une nue,
Souverain et mystérieux,