Page:Dumas - La Princesse Flora (1871).djvu/95

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

sentir dans son caractère. Pravdine trouva en lui plus et moins qu’il n’attendait. Riche, mais criblé de dettes, il fallait qu’un merveilleux hasard le servît pour qu’en fouillant machinalement dans sa poche, il y trouvât un rouble. C’était un de ces hommes d’esprit qui font sans cesse des sottises ; c’était un libéral – il le disait du moins – et, sans aucun but, il passait sa vie dans les antichambres. Il riait de tout, mais il n’osait rien heurter. Il méprisait le monde, et le monde le méprisait. Brave parmi les braves, il n’avait jamais la force de dire non, fût-ce au plus misérable intrigant. Noble, mais rougissant de sa noblesse, il se laissait employer aux plus indignes missions. En un mot, c’était un de ces êtres sans volonté qui, dans le livre des bipèdes, sont désignés sous les noms de bonhomme, de brave homme, de bon garçon : titres élastiques comme les corsets de caoutchouc !

Avec tout cela, c’était curieux, sinon agréable, de passer avec lui une soirée ou de rester, pendant un repas, près de lui à table. Où n’avait-il pas été ? quelle chose n’avait-il pas vue ? Quoique, par habi-