Page:Dumas - Le Comte de Monte-Cristo (1889) Tome 6.djvu/249

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— Oh ! Dieu soit loué ! murmura-t-il ; c’est un vrai lit !

C’était la seconde fois, depuis une heure, qu’il invoquait le nom de Dieu ; cela ne lui était pas arrivé depuis dix ans.

Ecco, dit le guide.

Et poussant Danglars dans la cellule, il referma la porte sur lui.

Un verrou grinça ; Danglars était prisonnier.

D’ailleurs n’y eût-il pas eu de verrou, il eût fallu être saint Pierre et avoir pour guide un ange du ciel, pour passer au milieu de la garnison qui tenait les catacombes de saint-Sébastien, et qui campait autour de son chef, dans lequel nos lecteurs ont certainement reconnu le fameux Luigi Vampa.

Danglars aussi avait reconnu ce bandit, à l’existence duquel il n’avait pas voulu croire quand Morcerf essayait de le naturaliser en France. Non seulement il l’avait reconnu, mais aussi la cellule dans laquelle Morcerf avait été enfermé, et qui, selon toute probabilité, était le logement des étrangers.

Ces souvenirs, sur lesquels au reste Danglars s’étendait avec une certaine joie, lui rendaient la tranquillité. Du moment où ils ne l’avaient pas tué tout de suite, les bandits n’avaient pas l’intention de le tuer du tout.

On l’avait arrêté pour le voler, et comme il n’avait sur lui que quelques louis, on le rançonnerait.

Il se rappela que Morcerf avait été taxé à quelque chose comme quatre mille écus ; comme il s’accordait une apparence beaucoup plus importante que Morcerf, il fixa lui même dans son esprit sa rançon à huit mille écus.

Huit mille écus faisaient quarante-huit mille livres.

Il lui restait encore quelque chose comme cinq millions cinquante mille francs.